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PolytechniqueFilière PCAlgèbre

Réduction

Cette page réunit les exercices de réduction posés aux oraux de Polytechnique en 2026, puis les exercices de 2025 déjà présents sur le site. Les exercices sont classés par année décroissante.

Polytechnique

Exercices 2026

7 exercices

Exercice 1—Formules de Courant–Fischer

Exercice tombé en 2026

Difficulté★★★☆☆

Énoncé

Soit A∈Sn(R)A\in\mathcal{S}_n(\mathbb{R}). On note

λ1≤λ2≤⋯≤λn\lambda_1\leq\lambda_2\leq\cdots\leq\lambda_n

ses valeurs propres, répétées avec leur multiplicité, et(e1,…,en)(e_1,\ldots,e_n)une base orthonormée de vecteurs propres associée.

Pour tout sous-espace vectoriel non nulM⊂RnM\subset\mathbb{R}^n, on pose

λ[M]=inf⁡x∈M∥x∥=1⟨x,Ax⟩\lambda[M]= \inf_{\substack{x\in M\\\|x\|=1}} \langle x,Ax\rangle
  1. Montrer que cet infimum est atteint.
  2. Pour 1≤k≤n1\leq k\leq n, établir les deux formes du théorème de Courant–Fischer :
    λk=max⁡M⊂Rndim⁡M=n−k+1 min⁡x∈M∥x∥=1⟨x,Ax⟩\lambda_k= \max_{\substack{M\subset\mathbb{R}^n\\ \dim M=n-k+1}} \ \min_{\substack{x\in M\\\|x\|=1}} \langle x,Ax\rangle
    et
    λk=min⁡S⊂Rndim⁡S=k max⁡x∈S∥x∥=1⟨x,Ax⟩\lambda_k= \min_{\substack{S\subset\mathbb{R}^n\\ \dim S=k}} \ \max_{\substack{x\in S\\\|x\|=1}} \langle x,Ax\rangle
Indication›

Utiliser la compacité de la sphère unité d’un sous-espace de dimension finie.

Pour les formules de minimax, introduire les espacesVect⁡(e1,…,ek)\operatorname{Vect}(e_1,\ldots,e_k)etVect⁡(ek,…,en)\operatorname{Vect}(e_k,\ldots,e_n)puis utiliser la formule de Grassmann.

Corrigé›

1. L’infimum est atteint

Soit MM un sous-espace non nul. Sa sphère unité

SM={x∈M∣∥x∥=1}\mathbb{S}_M= \{x\in M\mid\|x\|=1\}

est fermée et bornée dans l’espace vectoriel de dimension finieMM. Elle est donc compacte.

L’applicationx⟼⟨x,Ax⟩x\longmapsto\langle x,Ax\rangleest continue. Elle atteint donc son minimum surSM\mathbb{S}_M. Ainsi,

λ[M]=min⁡x∈M∥x∥=1⟨x,Ax⟩\lambda[M]= \min_{\substack{x\in M\\\|x\|=1}} \langle x,Ax\rangle

2. Première forme : maximum des minimums

Fixons k∈{1,…,n}k\in\{1,\ldots,n\} et posons

Ek=Vect⁡(e1,…,ek),Fk=Vect⁡(ek,…,en)E_k=\operatorname{Vect}(e_1,\ldots,e_k), \qquad F_k=\operatorname{Vect}(e_k,\ldots,e_n)

Soit MM un sous-espace de dimension n−k+1n-k+1. Par la formule de Grassmann,

dim⁡(M∩Ek)≥dim⁡M+dim⁡Ek−n=(n−k+1)+k−n=1.\begin{aligned} \dim(M\cap E_k) &\geq\dim M+\dim E_k-n\\ &=(n-k+1)+k-n\\ &=1. \end{aligned}

Il existe donc un vecteur unitairex∈M∩Ekx\in M\cap E_k. Écrivons

x=∑i=1k⟨x,ei⟩eix=\sum_{i=1}^k\langle x,e_i\rangle e_i

Comme Aei=λieiAe_i=\lambda_i e_i etλi≤λk\lambda_i\leq\lambda_kpour i≤ki\leq k,

⟨x,Ax⟩=∑i=1k∣⟨x,ei⟩∣2λi≤λk∑i=1k∣⟨x,ei⟩∣2=λk.\begin{aligned} \langle x,Ax\rangle &= \sum_{i=1}^k |\langle x,e_i\rangle|^2\lambda_i\\ &\leq \lambda_k \sum_{i=1}^k |\langle x,e_i\rangle|^2\\ &=\lambda_k. \end{aligned}

Puisque ce vecteur appartient àMM,

min⁡y∈M∥y∥=1⟨y,Ay⟩≤λk\min_{\substack{y\in M\\\|y\|=1}} \langle y,Ay\rangle \leq\lambda_k

Cette majoration est valable pour tout sous-espaceMM de dimensionn−k+1n-k+1. Par conséquent,

max⁡dim⁡M=n−k+1 min⁡y∈M∥y∥=1⟨y,Ay⟩≤λk\max_{\dim M=n-k+1} \ \min_{\substack{y\in M\\\|y\|=1}} \langle y,Ay\rangle \leq\lambda_k

Prenons maintenantM=FkM=F_k. Pour tout vecteur unitairex∈Fkx\in F_k,

⟨x,Ax⟩=∑i=kn∣⟨x,ei⟩∣2λi≥λk∑i=kn∣⟨x,ei⟩∣2=λk.\begin{aligned} \langle x,Ax\rangle &= \sum_{i=k}^n |\langle x,e_i\rangle|^2\lambda_i\\ &\geq \lambda_k \sum_{i=k}^n |\langle x,e_i\rangle|^2\\ &=\lambda_k. \end{aligned}

L’égalité est obtenue pourx=ekx=e_k. Ainsi,

min⁡x∈Fk∥x∥=1⟨x,Ax⟩=λk\min_{\substack{x\in F_k\\\|x\|=1}} \langle x,Ax\rangle=\lambda_k

On conclut que

λk=max⁡dim⁡M=n−k+1 min⁡x∈M∥x∥=1⟨x,Ax⟩\boxed{ \lambda_k= \max_{\dim M=n-k+1} \ \min_{\substack{x\in M\\\|x\|=1}} \langle x,Ax\rangle }

3. Deuxième forme : minimum des maximums

Soit SS un sous-espace de dimension kk. La formule de Grassmann donne

dim⁡(S∩Fk)≥dim⁡S+dim⁡Fk−n=k+(n−k+1)−n=1.\begin{aligned} \dim(S\cap F_k) &\geq\dim S+\dim F_k-n\\ &=k+(n-k+1)-n\\ &=1. \end{aligned}

Il existe donc un vecteur unitairex∈S∩Fkx\in S\cap F_k. Comme x∈Fkx\in F_k,

⟨x,Ax⟩=∑i=kn∣⟨x,ei⟩∣2λi≥λk\langle x,Ax\rangle = \sum_{i=k}^n |\langle x,e_i\rangle|^2\lambda_i \geq\lambda_k

Par conséquent,

max⁡y∈S∥y∥=1⟨y,Ay⟩≥λk\max_{\substack{y\in S\\\|y\|=1}} \langle y,Ay\rangle \geq\lambda_k

Cette inégalité est vraie pour toutSS de dimensionkk, donc

min⁡dim⁡S=k max⁡y∈S∥y∥=1⟨y,Ay⟩≥λk\min_{\dim S=k} \ \max_{\substack{y\in S\\\|y\|=1}} \langle y,Ay\rangle \geq\lambda_k

Prenons enfinS=EkS=E_k. Pour tout vecteur unitairex∈Ekx\in E_k,

⟨x,Ax⟩=∑i=1k∣⟨x,ei⟩∣2λi≤λk\langle x,Ax\rangle = \sum_{i=1}^k |\langle x,e_i\rangle|^2\lambda_i \leq\lambda_k

et l’égalité est obtenue pourx=ekx=e_k. Ainsi,

max⁡x∈Ek∥x∥=1⟨x,Ax⟩=λk\max_{\substack{x\in E_k\\\|x\|=1}} \langle x,Ax\rangle=\lambda_k

Finalement,

λk=min⁡dim⁡S=k max⁡x∈S∥x∥=1⟨x,Ax⟩\boxed{ \lambda_k= \min_{\dim S=k} \ \max_{\substack{x\in S\\\|x\|=1}} \langle x,Ax\rangle }

Exercice 2—Polynômes caractéristiques de AB et BA

Exercice tombé en 2026

Difficulté★☆☆☆☆

Énoncé

Soient A,B∈Mn(C)A,B\in\mathcal{M}_n(\mathbb{C}). Montrer que

χAB=χBA\chi_{AB}=\chi_{BA}
Indication›

Commencer par le cas où AA est inversible. Dans le cas général, utiliser la densité de GLn(C)GL_n(\mathbb C) dans Mn(C)\mathcal M_n(\mathbb C) ainsi que la continuité des coefficients du polynôme caractéristique.

Corrigé›

Premier cas : A est inversible

Supposons tout d’abord que

A∈GLn(C).A\in GL_n(\mathbb C).

On remarque alors que

AB=A(BA)A−1.AB=A(BA)A^{-1}.

Les matrices ABAB et BABA sont donc semblables. Elles ont par conséquent le même polynôme caractéristique :

χAB=χBA.\boxed{\chi_{AB}=\chi_{BA}}.

Cas général : argument de densité

Supposons maintenant que AA soit quelconque dans Mn(C)\mathcal M_n(\mathbb C).

L’ensemble GLn(C)GL_n(\mathbb C) est dense dans Mn(C)\mathcal M_n(\mathbb C). (voir la démonstration du lemme plus bas) Il existe donc une suite (Ak)k≥1(A_k)_{k\geq1} de matrices inversibles telle que

Ak⟶A.A_k\longrightarrow A.

D’après le premier cas, pour tout k≥1k\geq1,

χAkB=χBAk.\chi_{A_kB}=\chi_{BA_k}.

Il reste donc à passer à la limite.

Considérons l’application

Φ:Mn(C)⟶Cn[X],M⟼χMB.\begin{aligned} \Phi:\mathcal M_n(\mathbb C) &\longrightarrow \mathbb C_n[X],\\ M&\longmapsto\chi_{MB}. \end{aligned}

Les coefficients de χMB\chi_{MB} sont des polynômes en les coefficients de la matrice MBMB. Or les coefficients de MBMB dépendent linéairement des coefficients de MM. L’application Φ\Phi est donc continue.

De même, l’application

Ψ:Mn(C)⟶Cn[X],M⟼χBM\begin{aligned} \Psi:\mathcal M_n(\mathbb C) &\longrightarrow \mathbb C_n[X],\\ M&\longmapsto\chi_{BM} \end{aligned}

est continue.

Comme Ak→AA_k\to A, on obtient donc

χAkB⟶χAB\chi_{A_kB}\longrightarrow\chi_{AB}

et

χBAk⟶χBA.\chi_{BA_k}\longrightarrow\chi_{BA}.

Or, pour tout kk,

χAkB=χBAk.\chi_{A_kB}=\chi_{BA_k}.

En passant à la limite coefficient par coefficient, on obtient finalement

χAB=χBA.\boxed{\chi_{AB}=\chi_{BA}}.

Remarque — Densité de GLₙ(ℂ) dans Mₙ(ℂ)

Montrons que toute matrice A∈Mn(C)A\in\mathcal M_n(\mathbb C) est limite d’une suite de matrices inversibles.

Pour k≥1k\geq1, posons

Ak=A+1kIn.A_k=A+\frac1k I_n.

On a immédiatement

Ak⟶A.A_k\longrightarrow A.

De plus,

Ak n’est pas inversible⟺det⁡(A+1kIn)=0⟺−1k∈Sp⁡(A).\begin{aligned} A_k\text{ n'est pas inversible} &\Longleftrightarrow \det\left(A+\frac1kI_n\right)=0\\ &\Longleftrightarrow -\frac1k\in\operatorname{Sp}(A). \end{aligned}

Or le spectre de AA est un ensemble fini, tandis que les nombres

−11,−12,−13,…-\frac11,-\frac12,-\frac13,\ldots

sont tous distincts. Il n’existe donc qu’un nombre fini d’entiers kk tels que

−1k∈Sp⁡(A).-\frac1k\in\operatorname{Sp}(A).

Ainsi, pour kk suffisamment grand,

Ak∈GLn(C).A_k\in GL_n(\mathbb C).

On a donc construit une suite de matrices inversibles convergeant vers AA. Par conséquent,

GLn(C)‾=Mn(C).\boxed{ \overline{GL_n(\mathbb C)} = \mathcal M_n(\mathbb C) }.

Exercice 3—Spectre de l’opérateur M ↦ AM − MB

Exercice tombé en 2026

Difficulté★★★☆☆

Énoncé

SoientA,B∈Mn(C)A,B\in\mathcal{M}_n(\mathbb{C}). On définit

u:{Mn(C)⟶Mn(C),M⟼AM−MB.u: \begin{cases} \mathcal{M}_n(\mathbb{C})\longrightarrow \mathcal{M}_n(\mathbb{C}),\\ M\longmapsto AM-MB. \end{cases}
  1. Déterminer le spectre de uu.
  2. Que peut-on dire de uu lorsqueAA etBB sont diagonalisables ?
Indication›

Indication réservée

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Exercice 4—Co-diagonalisation et fonction caractéristique jointe

Exercice tombé en 2026

Difficulté★★★☆☆

Énoncé

SoientH,K∈Sn(R)H,K\in\mathcal{S}_n(\mathbb{R})deux matrices qui commutent, et soitR∈Sn++(R)R\in\mathcal{S}_n^{++}(\mathbb{R})telle queTr⁡(R)=1\operatorname{Tr}(R)=1.

Montrer qu’il existe deux variables aléatoires réellesXX etYY telles que, pour touss,t∈Rs,t\in\mathbb{R},

E ⁣(e i(sX+tY))=Tr⁡ ⁣(R e i(sH+tK))\boxed{ \mathbb{E}\!\left(e^{\,i(sX+tY)}\right) = \operatorname{Tr}\!\left( R\,e^{\,i(sH+tK)} \right) }
Indication›

Indication réservée

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Exercice 5—Triangularisation simultanée par équivalence

Exercice tombé en 2026

Difficulté★★★☆☆
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Exercice 6—Étude de l’opérateur de Sylvester

Exercice tombé en 2026

DifficultéÀ définir
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Exercice 7—Triangularisation simultanée par congruence

Exercice tombé en 2026

Difficulté★★★★★
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Polytechnique

Exercices 2025

3 exercices

Exercice 8—Bijectivité d’un opérateur de Sylvester

Exercice tombé en 2025

Difficulté★★★☆☆

Énoncé

Soit M∈Mn(C)M\in\mathcal{M}_n(\mathbb{C}).

Donner une condition nécessaire et suffisante sur MM pour que l’application

f:Mn(C)⟶Mn(C)A⟼AM+MA\begin{aligned} f:\mathcal{M}_n(\mathbb{C}) &\longrightarrow \mathcal{M}_n(\mathbb{C})\\ A&\longmapsto AM+MA \end{aligned}

soit bijective.

Indication›

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Exercice 9—Nilpotence et ordre impair

Exercice tombé en 2025

Difficulté★★☆☆☆

Énoncé

Soient A,B∈Mn(C)A,B\in\mathcal{M}_n(\mathbb{C}) telles que

AB2−B2A=BAB^2-B^2A=B

Montrer que BB est nilpotente d’ordre impair.

Indication›

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Exercice 10—Décomposition de Dunford en dimension 2

Exercice tombé en 2025

Difficulté★★★★☆
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