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Algèbre générale

Cette sélection réunit trois exercices issus de la RMS 2025 et six exercices tombés en 2026, recueillis à partir de sources personnelles. Cherchez d’abord à partir de l’énoncé, puis ouvrez une indication ou le corrigé lorsque vous en avez besoin.

Exercices 2026

Exercice 1—Équation fonctionnelle polynomiale

Exercice tombé en 2026

Difficulté★★☆☆☆

Énoncé

Trouver les polynômes P∈C[X]P\in\mathbb{C}[X] vérifiant

P(X2)=P(X)P(X−1).P(X^2)=P(X)P(X-1).
Indication›

Commencer par remarquer que le polynôme nul est solution. Pour une solution non nulle, étudier ce que devient une racine aa de PP : les nombres a2,a4,a8,…a^2,a^4,a^8,\ldots sont encore des racines.

Montrer alors que toute racine non nulle de PP est une racine de l’unité. Éliminer ensuite les possibilités 00 et −1-1 par l’absurde.

Si aa est maintenant une racine de PP, appliquer l’équation en X=a+1X=a+1. En déduire simultanément

∣a∣=1et∣a+1∣=1.|a|=1 \qquad\text{et}\qquad |a+1|=1.

Interpréter géométriquement ces deux égalités dans le plan complexe, puis factoriser PP à l’aide des deux seules racines possibles jj et j2j^2.

Corrigé›

1. Première solution et propagation des racines

Le polynôme nul vérifie immédiatement l’identité proposée. Il est donc solution.

Supposons désormais que PP soit une solution non nulle. Soit a∈Ca\in\mathbb{C} une racine de PP. En évaluant l’identité en X=aX=a, on obtient

P(a2)=P(a)P(a−1)=0.P(a^2)=P(a)P(a-1)=0.

Ainsi, a2a^2 est encore une racine de PP.

En répétant le même raisonnement, on voit successivement que

a2, a4, a8,…, a2n,…a^2,\ a^4,\ a^8,\ldots,\ a^{2^n},\ldots

sont toutes des racines de PP.

2. Toute racine non nulle est une racine de l’unité

Soit a≠0a\neq0 une racine de PP.

Comme PP est non nul, il ne possède qu’un nombre fini de racines. La suite

(a2n)n∈N\bigl(a^{2^n}\bigr)_{n\in\mathbb{N}}

ne peut donc pas prendre une infinité de valeurs distinctes. Il existe ainsi deux entiers p<qp<q tels que

a2p=a2q.a^{2^p}=a^{2^q}.

Comme a≠0a\neq0, on peut diviser par a2pa^{2^p}. Il vient

a2q−2p=1.a^{2^q-2^p}=1.

Autrement dit,

a2p(2q−p−1)=1.a^{2^p(2^{q-p}-1)}=1.

Donc

a≠0⟹a est une racine de l’uniteˊ\boxed{ a\neq0 \quad\Longrightarrow\quad a\text{ est une racine de l’unité} }

3. Les nombres 00 et −1-1 ne sont pas racines

Supposons par l’absurde que 00 soit racine de PP.

D’après la première partie, si aa est racine de PP, alors (a+1)2(a+1)^2 est également racine, puisque

P((a+1)2)=P(a+1)P(a)=0.P\bigl((a+1)^2\bigr)=P(a+1)P(a)=0.

En prenant a=0a=0, on obtient donc

(0+1)2=1(0+1)^2=1

qui est une racine de PP.

En appliquant à nouveau le même raisonnement à la racine 11, on obtient

(1+1)2=4(1+1)^2=4

qui est également une racine de PP.

Mais 4≠04\neq0. D’après la partie précédente, 44 devrait donc être une racine de l’unité, ce qui est impossible puisque

∣4∣=4≠1.|4|=4\neq1.

Nous obtenons une contradiction. Ainsi,

0 n’est pas une racine de P.\boxed{0\text{ n’est pas une racine de }P.}

Supposons maintenant par l’absurde que −1-1 soit racine de PP.

D’après le même raisonnement,

(−1+1)2=0(-1+1)^2=0

serait alors également une racine de PP, ce qui contredit le point précédent.

Ainsi,

−1 n’est pas une racine de P.\boxed{-1\text{ n’est pas une racine de }P.}

4. Détermination des racines possibles

Soit maintenant aa une racine de PP.

Nous venons de montrer que a≠0a\neq0. D’après la partie 2, aa est donc une racine de l’unité. En particulier,

∣a∣=1.|a|=1.

Par ailleurs, en évaluant l’identité en X=a+1X=a+1, on obtient

P((a+1)2)=P(a+1)P(a)=0.P\bigl((a+1)^2\bigr)=P(a+1)P(a)=0.

Ainsi, (a+1)2(a+1)^2 est également une racine de PP.

Comme −1-1 n’est pas racine de PP, on ne peut pas avoir a=−1a=-1. Par conséquent,

(a+1)2≠0.(a+1)^2\neq0.

La partie 2 montre alors que (a+1)2(a+1)^2 est une racine de l’unité. Ainsi,

∣(a+1)2∣=1,\left|(a+1)^2\right|=1,

donc

∣a+1∣=1.|a+1|=1.

Finalement,

∣a∣=1et∣a+1∣=1.\boxed{ |a|=1 \qquad\text{et}\qquad |a+1|=1. }

Géométriquement, ∣a∣=1|a|=1 signifie que aa appartient au cercle de centre 00 et de rayon 11, tandis que ∣a+1∣=1|a+1|=1 signifie que aa appartient au cercle de centre −1-1 et de rayon 11.

Re(z)Im(z)−101|z + 1| = 1|z| = 1jj²Re(z) = −1/2

Les deux cercles se coupent exactement en j=−12+i32j=-\frac12+i\frac{\sqrt3}{2} et j2=−12−i32j^2=-\frac12-i\frac{\sqrt3}{2}.

On peut retrouver algébriquement ces deux points. Écrivons a=x+iya=x+iy, avec x,y∈Rx,y\in\mathbb{R}. Les deux égalités précédentes donnent

x2+y2=1et(x+1)2+y2=1.x^2+y^2=1 \qquad\text{et}\qquad (x+1)^2+y^2=1.

En soustrayant les deux relations,

2x+1=0,2x+1=0,

donc

x=−12.x=-\frac12.

Puis

y2=1−14=34,y^2 =1-\frac14 =\frac34,

d’où

y=±32.y=\pm\frac{\sqrt3}{2}.

En notant

j=e2iπ/3=−12+i32,j=e^{2i\pi/3} =-\frac12+i\frac{\sqrt3}{2},

on obtient finalement

a∈{j,j2}.\boxed{ a\in\{j,j^2\}. }

5. Factorisation et détermination des multiplicités

On a montré que les seules racines possibles de PP sont jj et j2j^2.

Comme P∈C[X]P\in\mathbb{C}[X], le polynôme PP est scindé. Il existe donc λ∈C∗\lambda\in\mathbb{C}^* et α,β∈N\alpha,\beta\in\mathbb{N} tels que

P(X)=λ(X−j)α(X−j2)β.P(X) = \lambda(X-j)^\alpha(X-j^2)^\beta.

Comparons les termes de plus haut degré dans

P(X2)=P(X)P(X−1).P(X^2)=P(X)P(X-1).

Le coefficient dominant du membre de gauche vaut λ\lambda, tandis que celui du membre de droite vaut λ2\lambda^2. Ainsi,

λ=λ2.\lambda=\lambda^2.

Comme λ≠0\lambda\neq0,

λ=1.\boxed{\lambda=1.}

Les polynômes non nuls cherchés sont donc nécessairement de la forme

P(X)=(X−j)α(X−j2)β.P(X) = (X-j)^\alpha(X-j^2)^\beta.

D’une part,

P(X2)=(X2−j)α(X2−j2)β=(X−j2)α(X+j2)α(X−j)β(X+j)β.\begin{aligned} P(X^2) &= (X^2-j)^\alpha(X^2-j^2)^\beta\\ &= (X-j^2)^\alpha(X+j^2)^\alpha (X-j)^\beta(X+j)^\beta. \end{aligned}

En effet,(j2)2=j(j^2)^2=j et j2=j2j^2=j^2, de sorte que

X2−j=(X−j2)(X+j2)etX2−j2=(X−j)(X+j).X^2-j=(X-j^2)(X+j^2) \qquad\text{et}\qquad X^2-j^2=(X-j)(X+j).

D’autre part,

P(X)P(X−1)=(X−j)α(X−j2)β(X−1−j)α(X−1−j2)β.\begin{aligned} P(X)P(X-1) &= (X-j)^\alpha(X-j^2)^\beta (X-1-j)^\alpha(X-1-j^2)^\beta. \end{aligned}

Or

1+j+j2=0,1+j+j^2=0,

donc

−1−j=j2et−1−j2=j.-1-j=j^2 \qquad\text{et}\qquad -1-j^2=j.

Ainsi,

P(X)P(X−1)=(X−j)α(X−j2)β(X+j2)α(X+j)β.\begin{aligned} P(X)P(X-1) &= (X-j)^\alpha(X-j^2)^\beta (X+j^2)^\alpha(X+j)^\beta. \end{aligned}

Comparons maintenant la multiplicité de jj dans les deux membres.

Dans P(X2)P(X^2), elle vaut β\beta, tandis que dans P(X)P(X−1)P(X)P(X-1), elle vaut α\alpha.

Par unicité de la multiplicité d’une racine,

α=β.\boxed{\alpha=\beta.}

Par conséquent,

P(X)=(X−j)α(X−j2)α=((X−j)(X−j2))α.\begin{aligned} P(X) &= (X-j)^\alpha(X-j^2)^\alpha\\ &= \bigl((X-j)(X-j^2)\bigr)^\alpha. \end{aligned}

Comme

j+j2=−1etjj2=1,j+j^2=-1 \qquad\text{et}\qquad jj^2=1,

on a

(X−j)(X−j2)=X2+X+1.(X-j)(X-j^2) = X^2+X+1.

Ainsi, toute solution non nulle est de la forme

P(X)=(X2+X+1)α,α∈N.\boxed{ P(X)=(X^2+X+1)^\alpha, \qquad \alpha\in\mathbb{N}. }

6. Réciproque

Réciproquement, soit α∈N\alpha\in\mathbb{N} et posons

P(X)=(X2+X+1)α.P(X)=(X^2+X+1)^\alpha.

On a

(X2+X+1)(X2−X+1)=X4+X2+1.\begin{aligned} (X^2+X+1)(X^2-X+1) &=X^4+X^2+1. \end{aligned}

Par conséquent,

P(X)P(X−1)=((X2+X+1)(X2−X+1))α=(X4+X2+1)α=P(X2).\begin{aligned} P(X)P(X-1) &= \bigl((X^2+X+1)(X^2-X+1)\bigr)^\alpha\\ &= (X^4+X^2+1)^\alpha\\ &= P(X^2). \end{aligned}

Tout polynôme de cette forme est donc bien solution.

En ajoutant la solution nulle trouvée au début, l’ensemble de toutes les solutions est finalement

P=0ou∃α∈N,P(X)=(X2+X+1)α.\boxed{ P=0 \quad\text{ou}\quad \exists\alpha\in\mathbb{N},\qquad P(X)=(X^2+X+1)^\alpha. }

Exercice 2—Polynômes préservant le cercle unité

Exercice tombé en 2026

Difficulté★★★☆☆

Énoncé

Trouver l’ensemble des polynômes P∈C[X]P\in\mathbb{C}[X] tels que le cercle unité soit stable par PP.

Indication›

Noter U={z∈C:∣z∣=1}\mathbb{U}=\{z\in\mathbb{C}:|z|=1\} et introduire le polynôme obtenu en conjuguant les coefficients de PP.

Pour z∈Uz\in\mathbb{U}, utiliser z‾=1/z\overline z=1/z, puis transformer l’identité obtenue en une identité polynomiale.

Corrigé›

Notons

U={z∈C:∣z∣=1}.\mathbb{U}=\{z\in\mathbb{C}:|z|=1\}.

Supposons que P(U)⊂UP(\mathbb{U})\subset\mathbb{U}. Pour tout θ∈R\theta\in\mathbb{R}, on a alors

∣P(eiθ)∣2=1,|P(e^{i\theta})|^2=1,

c’est-à-dire

P(eiθ)P(eiθ)‾=1.P(e^{i\theta})\overline{P(e^{i\theta})}=1.

Écrivons

P(X)=∑k=0nakXkP(X)=\sum_{k=0}^{n}a_kX^k

et définissons le polynôme

P‾(X)=∑k=0nak‾Xk.\overline P(X)=\sum_{k=0}^{n}\overline{a_k}X^k.

Pour tout z∈Cz\in\mathbb{C}, on a

P(z)‾=P‾(z‾).\overline{P(z)}=\overline P(\overline z).

Si z∈Uz\in\mathbb{U}, alors z‾=1/z\overline z=1/z. L’identité précédente devient donc

P(z)P‾ ⁣(1z)=1,z∈U.P(z)\overline P\!\left(\frac1z\right)=1, \qquad z\in\mathbb{U}.

La quantité P(X)P‾(1/X)P(X)\overline P(1/X) est une fraction rationnelle. Pour revenir à des polynômes, posons

A(X)=XnP(X)P‾ ⁣(1X)etB(X)=Xn.A(X)=X^nP(X)\overline P\!\left(\frac1X\right) \qquad\text{et}\qquad B(X)=X^n.

Les expressions AA et BB sont des polynômes et, pour tout z∈Uz\in\mathbb{U},

A(z)=B(z).A(z)=B(z).

Le cercle unité étant infini, le polynôme A−BA-B possède une infinité de racines. Il est donc nul. Ainsi

A=B.A=B.

On en déduit que, pour tout z∈C∗z\in\mathbb{C}^*,

P(z)P‾ ⁣(1z)=1.P(z)\overline P\!\left(\frac1z\right)=1.

Supposons maintenant que α≠0\alpha\neq0 soit une racine de PP. En prenant z=αz=\alpha dans l’identité précédente, on obtiendrait

0=P(α)P‾ ⁣(1α)=1,0=P(\alpha)\overline P\!\left(\frac1\alpha\right)=1,

ce qui est impossible.

Ainsi PP n’admet aucune racine non nulle. Toutes ses racines éventuelles sont donc égales à 00. Le polynôme n’étant pas nul, il existe λ∈C∗\lambda\in\mathbb{C}^* et m∈Nm\in\mathbb{N} tels que

P(X)=λXm.P(X)=\lambda X^m.

Pour z∈Uz\in\mathbb{U}, on a alors

∣P(z)∣=∣λ∣∣z∣m=∣λ∣.|P(z)|=|\lambda||z|^m=|\lambda|.

La stabilité du cercle unité impose donc ∣λ∣=1|\lambda|=1.

Réciproquement, si

P(X)=λXm,∣λ∣=1,m∈N,P(X)=\lambda X^m, \qquad |\lambda|=1, \qquad m\in\mathbb{N},

alors, pour tout z∈Uz\in\mathbb{U},

∣P(z)∣=∣λ∣∣z∣m=1,|P(z)|=|\lambda||z|^m=1,

donc P(z)∈UP(z)\in\mathbb{U}.

P(U)⊂U  ⟺  ∃(λ,m)∈U×N,P(X)=λXm\boxed{ P(\mathbb{U})\subset\mathbb{U} \iff \exists (\lambda,m)\in\mathbb{U}\times\mathbb{N},\quad P(X)=\lambda X^m }

Exercice 3—Petit vecteur entier dans un noyau — lemme de Siegel

Exercice tombé en 2026

Difficulté★★★★★Monstre

Énoncé

Soient m,n∈N∗m,n\in\mathbb{N}^* tels que m<nm<n, et soit

A∈Mm,n(Z)A\in\mathcal{M}_{m,n}(\mathbb{Z})

une matrice non nulle. Montrer qu’il existe un vecteur colonne X∈ZnX\in\mathbb{Z}^n non nul tel que

AX=0et∥X∥∞≤(n∥A∥∞)mn−m.AX=0 \qquad\text{et}\qquad \|X\|_\infty \leq \bigl(n\|A\|_\infty\bigr)^{\frac{m}{n-m}}.

Ici, ∥A∥∞=max⁡1≤i≤m, 1≤j≤n∣ai,j∣\|A\|_\infty=\max_{1\leq i\leq m,\,1\leq j\leq n}|a_{i,j}| et ∥X∥∞\|X\|_\infty désigne la norme infinie du vecteur XX.

Indication›

Indication réservée

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Corrigé réservé
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Exercice 4—Polynômes entiers et racines de l’unité

Exercice tombé en 2026

Difficulté★★★★★Monstre
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Exercice 5—Polynômes commutant avec X² + 1

Exercice tombé en 2026

Difficulté★★★☆☆
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Exercice 6—Équation polynomiale avec dérivées

Exercice tombé en 2026

Difficulté★★☆☆☆
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Exercices 2025

Exercice 1—Positivité d’un polynôme

Exercice tombé en 2025

Difficulté★☆☆☆☆

Énoncé

Soit (P,Q)∈R[X]2(P,Q)\in\mathbb{R}[X]^2 tel que

P−P′=QP-P'=Q

Montrer que, si Q≥0Q\geq 0, alors P≥0P\geq 0.

Indication›

Considérer la fonction g(x)=P(x)e−xg(x)=P(x)e^{-x}, étudier son sens de variation, puis utiliser la limite de gg en +∞+\infty.

Corrigé›

Posons

g(x)=P(x)e−xg(x)=P(x)e^{-x}

La fonction gg est dérivable sur R\mathbb{R} et

g′(x)=P′(x)e−x−P(x)e−x=(P′(x)−P(x))e−x=−Q(x)e−x\begin{aligned} g'(x) &= P'(x)e^{-x}-P(x)e^{-x}\\ &= \bigl(P'(x)-P(x)\bigr)e^{-x}\\ &= -Q(x)e^{-x} \end{aligned}

Comme Q(x)≥0Q(x)\geq 0 et e−x>0e^{-x}>0, on obtient

g′(x)≤0g'(x)\leq 0

La fonction gg est donc décroissante sur R\mathbb{R}.

Par ailleurs, puisque PP est un polynôme,

lim⁡x→+∞P(x)e−x=0\lim_{x\to+\infty}P(x)e^{-x}=0

Fixons maintenant x∈Rx\in\mathbb{R}. Comme gg est décroissante, pour tout y>xy>x,

g(x)≥g(y)g(x)\geq g(y)

En faisant tendre yy vers +∞+\infty, il vient

g(x)≥0g(x)\geq 0

Donc

P(x)e−x≥0P(x)e^{-x}\geq 0

Comme e−x>0e^{-x}>0, on en déduit

P(x)≥0P(x)\geq 0

Ceci étant vrai pour tout x∈Rx\in\mathbb{R},

P≥0\boxed{P\geq 0}

Exercice 2—Identité de Parseval pour un polynôme

Exercice tombé en 2025

Difficulté★☆☆☆☆

Énoncé

Soient

P=∑k=0nakXk∈C[X]etr∈[0,1]P=\sum_{k=0}^{n}a_kX^k\in\mathbb{C}[X] \qquad\text{et}\qquad r\in[0,1]

Montrer que

12π∫02π∣P ⁣(reiθ)∣2 dθ=∑k=0n∣ak∣2r2k≤sup⁡θ∈[0,2π]∣P ⁣(eiθ)∣2\frac{1}{2\pi} \int_0^{2\pi} \left|P\!\left(re^{i\theta}\right)\right|^2\,d\theta = \sum_{k=0}^{n}|a_k|^2r^{2k} \leq \sup_{\theta\in[0,2\pi]} \left|P\!\left(e^{i\theta}\right)\right|^2
Indication›

Développer le produit P(reiθ)P(reiθ)‾P(re^{i\theta})\overline{P(re^{i\theta})} et utiliser l’intégrale de ei(k−j)θe^{i(k-j)\theta} sur une période.

Corrigé›

Pour tout réel θ\theta,

P(reiθ)=∑k=0nakrkeikθP(re^{i\theta}) = \sum_{k=0}^{n}a_kr^ke^{ik\theta}

et

P(reiθ)‾=∑j=0naj‾rje−ijθ\overline{P(re^{i\theta})} = \sum_{j=0}^{n}\overline{a_j}r^je^{-ij\theta}

Ainsi,

∣P(reiθ)∣2=P(reiθ)P(reiθ)‾=∑k=0n∑j=0nakaj‾ rk+jei(k−j)θ\begin{aligned} \left|P(re^{i\theta})\right|^2 &= P(re^{i\theta}) \overline{P(re^{i\theta})}\\ &= \sum_{k=0}^{n} \sum_{j=0}^{n} a_k\overline{a_j}\, r^{k+j}e^{i(k-j)\theta} \end{aligned}

On intègre cette égalité entre 0 et 2π :

12π∫02π∣P(reiθ)∣2 dθ=∑k=0n∑j=0nakaj‾rk+j(12π∫02πei(k−j)θ dθ)\frac{1}{2\pi} \int_0^{2\pi} \left|P(re^{i\theta})\right|^2\,d\theta = \sum_{k=0}^{n}\sum_{j=0}^{n} a_k\overline{a_j}r^{k+j} \left( \frac{1}{2\pi} \int_0^{2\pi}e^{i(k-j)\theta}\,d\theta \right)

Or

12π∫02πei(k−j)θ dθ={1si k=j,0si k≠j\frac{1}{2\pi} \int_0^{2\pi}e^{i(k-j)\theta}\,d\theta = \begin{cases} 1&\text{si }k=j,\\ 0&\text{si }k\neq j \end{cases}

Tous les termes pour lesquels k≠jk\neq j disparaissent. Il reste

12π∫02π∣P(reiθ)∣2 dθ=∑k=0n∣ak∣2r2k\boxed{ \frac{1}{2\pi} \int_0^{2\pi} \left|P(re^{i\theta})\right|^2\,d\theta = \sum_{k=0}^{n}|a_k|^2r^{2k} }

Comme 0≤r≤10\leq r\leq1, on a, pour tout kk,

r2k≤1r^{2k}\leq1

Donc

∑k=0n∣ak∣2r2k≤∑k=0n∣ak∣2\sum_{k=0}^{n}|a_k|^2r^{2k} \leq \sum_{k=0}^{n}|a_k|^2

En appliquant l’identité précédente au cas r=1r=1, on obtient

∑k=0n∣ak∣2=12π∫02π∣P(eiθ)∣2 dθ\sum_{k=0}^{n}|a_k|^2 = \frac{1}{2\pi} \int_0^{2\pi} |P(e^{i\theta})|^2\,d\theta

Enfin, la moyenne d’une fonction continue positive est inférieure ou égale à son maximum :

12π∫02π∣P(eiθ)∣2 dθ≤sup⁡θ∈[0,2π]∣P(eiθ)∣2\frac{1}{2\pi} \int_0^{2\pi}|P(e^{i\theta})|^2\,d\theta \leq \sup_{\theta\in[0,2\pi]} |P(e^{i\theta})|^2

Finalement,

12π∫02π∣P(reiθ)∣2 dθ=∑k=0n∣ak∣2r2k≤sup⁡θ∈[0,2π]∣P(eiθ)∣2\boxed{ \frac{1}{2\pi} \int_0^{2\pi} |P(re^{i\theta})|^2\,d\theta = \sum_{k=0}^{n}|a_k|^2r^{2k} \leq \sup_{\theta\in[0,2\pi]} |P(e^{i\theta})|^2 }

Exercice 3—Matrices entières et déterminant polynomial

Exercice tombé en 2025

Difficulté★★★☆☆

Énoncé

Soient AA et BB dans M2(Z)\mathcal{M}_2(\mathbb{Z}).

On suppose que, pour tout k∈{0,1,2,3,4}k\in\{0,1,2,3,4\}, la matrice A+kBA+kB est inversible et que son inverse est à coefficients dans Z\mathbb{Z}.

Montrer que A+5BA+5B est inversible et que son inverse est à coefficients dans Z\mathbb{Z}.

Indication›

Indication réservée

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Corrigé réservé
Accès complet OrauxX

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Exercices 2024

Exercice 1—Majoration de la norme d'une suite de polynômes dérivés et convergence vers zéro

Exercice tombé en 2024

Difficulté★★★★☆

Énoncé

Soit D={z∈C∣∣z∣≤1}D = \{z \in \mathbb{C} \mid |z| \le 1\}. Pour tout polynôme P∈C[X]P \in \mathbb{C}[X], on note sa norme sup sur le disque unité :

∥P∥=sup⁡y∈D∣P(y)∣\|P\| = \sup_{y \in D} |P(y)|

Soit P∈C[X]P \in \mathbb{C}[X]. On définit la suite de polynômes (Pn)n∈N(P_n)_{n \in \mathbb{N}} par :

P0=Pet∀n∈N,Pn+1=(Pn′)2P_0 = P \quad \text{et} \quad \forall n \in \mathbb{N}, \quad P_{n+1} = (P_n')^2

Montrer qu'il existe ε>0\varepsilon > 0 (dépendant uniquement du degré de PP) tel que :

∥P∥<ε  ⟹  lim⁡n→∞∥Pn∥=0\|P\| < \varepsilon \implies \lim_{n \to \infty} \|P_n\| = 0
Indication›

• Étape 1 : Majorer la norme de la dérivée ∥Q′∥\|Q'\| en fonction de ∥Q∥\|Q\| et de son degré q=deg⁡(Q)q = \deg(Q).

• Étape 2 : Trouver une forme explicite de dn=deg⁡(Pn)d_n = \deg(P_n).

• Étape 3 : Dérouler la récurrence sur ∥Pn∥\|P_n\| et regrouper les puissances sous la forme ∥Pn∥≤(C⋅∥P∥)2n\|P_n\| \le (C \cdot \|P\|)^{2^n}. En déduire le choix de ε\varepsilon.

Corrigé›

1. Inégalité de Bernstein / Majoration du sup de la dérivée

1. Majoration du sup de la dérivée sur le disque unité

Soit Q(X)=∑k=0qakXk∈C[X]Q(X) = \sum_{k=0}^q a_k X^k \in \mathbb{C}[X] un polynôme de degré qq.
Pour tout k∈{0,…,q}k \in \{0, \dots, q\}, en intégrant sur le cercle unité :

ak=12π∫02πQ(eiθ)e−ikθ dθa_k = \frac{1}{2\pi} \int_0^{2\pi} Q(e^{i\theta}) e^{-ik\theta} \, \mathrm{d}\theta

Par l'inégalité moyenne-norme, on majore chaque coefficient par le supremum sur le disque DD :

∣ak∣≤12π∫02π∣Q(eiθ)∣ dθ≤∥Q∥|a_k| \le \frac{1}{2\pi} \int_0^{2\pi} |Q(e^{i\theta})| \, \mathrm{d}\theta \le \|Q\|

On dérive Q′(X)=∑k=1qkakXk−1Q'(X) = \sum_{k=1}^q k a_k X^{k-1}. Pour tout z∈Dz \in D :

∣Q′(z)∣≤∑k=1qk∣ak∣∣z∣k−1≤(∑k=1qk)∥Q∥=q(q+1)2∥Q∥≤q2∥Q∥|Q'(z)| \le \sum_{k=1}^q k |a_k| |z|^{k-1} \le \left( \sum_{k=1}^q k \right) \|Q\| = \frac{q(q+1)}{2} \|Q\| \le q^2 \|Q\|

En passant au supremum sur DD, on obtient l'inégalité :

∥Q′∥≤q2∥Q∥\|Q'\| \le q^2 \|Q\|

Soit Q(X)=∑k=0qakXk∈C[X]Q(X) = \sum_{k=0}^q a_k X^k \in \mathbb{C}[X] un polynôme de degré qq.
Pour tout k∈{0,…,q}k \in \{0, \dots, q\}, par la formule des coefficients de Fourier sur le cercle unité :

ak=12π∫02πQ(eiθ)e−ikθ dθa_k = \frac{1}{2\pi} \int_0^{2\pi} Q(e^{i\theta}) e^{-ik\theta} \, \mathrm{d}\theta

Par Inégalité Moyenne-Moyenne, on a immédiatement l'inégalité de Cauchy sur les coefficients :

∣ak∣≤12π∫02π∣Q(eiθ)∣ dθ≤sup⁡y∈D∣Q(y)∣=∥Q∥|a_k| \le \frac{1}{2\pi} \int_0^{2\pi} |Q(e^{i\theta})| \, \mathrm{d}\theta \le \sup_{y \in D} |Q(y)| = \|Q\|

En dérivant Q′(X)=∑k=1qkakXk−1Q'(X) = \sum_{k=1}^q k a_k X^{k-1}, on majore sur le disque unité DD pour tout z∈Dz \in D :

∣Q′(z)∣≤∑k=1qk∣ak∣∣z∣k−1≤∑k=1qk∥Q∥=q(q+1)2∥Q∥≤q2∥Q∥|Q'(z)| \le \sum_{k=1}^q k |a_k| |z|^{k-1} \le \sum_{k=1}^q k \|Q\| = \frac{q(q+1)}{2} \|Q\| \le q^2 \|Q\|

En passant au supremum sur DD, on obtient l'inégalité fondamentale :

∥Q′∥≤q2∥Q∥\|Q'\| \le q^2 \|Q\|

2. Étude de la suite des degrés dnd_n

Soit dn=deg⁡(Pn)d_n = \deg(P_n). De la relation Pn+1=(Pn′)2P_{n+1} = (P_n')^2, on tire la relation de récurrence :

dn+1=2(dn−1)d_{n+1} = 2(d_n - 1)

En recherchant le point fixe α=2\alpha = 2 (α=2(α−1)\alpha = 2(\alpha - 1)), on pose un=dn−2u_n = d_n - 2. La suite (un)(u_n) est géométrique de raison 2 :

un=2nu0=2n(d0−2)u_n = 2^n u_0 = 2^n (d_0 - 2)

D'où l'expression explicite pour tout n∈Nn \in \mathbb{N} :

dn=2n(d0−2)+2≤2nd0d_n = 2^n (d_0 - 2) + 2 \le 2^n d_0

(si d0=deg⁡(P)=0d_0 = \deg(P) = 0, le résultat est immédiat car le polynôme est constant).

3. Majoration de la norme ∥Pn∥\|P_n\|

Pour tout n≥0n \ge 0, on a :

∥Pn+1∥=∥(Pn′)2∥=∥Pn′∥2≤(dn2∥Pn∥)2=dn4∥Pn∥2\|P_{n+1}\| = \|(P_n')^2\| = \|P_n'\|^2 \le (d_n^2 \|P_n\|)^2 = d_n^4 \|P_n\|^2

Par récurrence finie descendant jusqu'à P0=PP_0 = P :

∥Pn∥≤(∏k=0n−1dk4⋅2n−1−k)∥P∥2n\|P_n\| \le \left( \prod_{k=0}^{n-1} d_k^{4 \cdot 2^{n-1-k}} \right) \|P\|^{2^n}

En utilisant la majoration dk≤2kd0d_k \le 2^k d_0 :

∏k=0n−1dk4⋅2n−1−k≤(∏k=0n−12k⋅2n+1−k)⋅d0∑k=0n−12n+1−k\prod_{k=0}^{n-1} d_k^{4 \cdot 2^{n-1-k}} \le \left( \prod_{k=0}^{n-1} 2^{k \cdot 2^{n+1-k}} \right) \cdot d_0^{ \sum_{k=0}^{n-1} 2^{n+1-k} }

Calculons les deux exposants :
• La somme géométrique : ∑k=0n−12n+1−k=2n+2∑j=2n+12−j≤2n+2\sum_{k=0}^{n-1} 2^{n+1-k} = 2^{n+2} \sum_{j=2}^{n+1} 2^{-j} \le 2^{n+2}.
• Pour le produit des puissances de 2 : en utilisant la série dérivée ∑k=0+∞k2k=2\sum_{k=0}^{+\infty} \frac{k}{2^k} = 2, on obtient :

∑k=0n−1k⋅2n+1−k=2n+1∑k=0n−1k2k≤2n+1×2=2n+2\sum_{k=0}^{n-1} k \cdot 2^{n+1-k} = 2^{n+1} \sum_{k=0}^{n-1} \frac{k}{2^k} \le 2^{n+1} \times 2 = 2^{n+2}

Ainsi, la constante est bornée globalement par :

∥Pn∥≤(22n+2⋅d02n+2)∥P∥2n=(4d04∥P∥)2n\|P_n\| \le \left( 2^{2^{n+2}} \cdot d_0^{2^{n+2}} \right) \|P\|^{2^n} = \left( 4 d_0^4 \|P\| \right)^{2^n}

4. Conclusion

On pose ε=14d04\varepsilon = \frac{1}{4 d_0^4} (qui ne dépend bien que du degré d0=deg⁡(P)d_0 = \deg(P)).

Si ∥P∥<ε\|P\| < \varepsilon, alors q=4d04∥P∥<1q = 4 d_0^4 \|P\| < 1. On a alors :

0≤∥Pn∥≤q2n0 \le \|P_n\| \le q^{2^n}

Puisque q∈[0,1[q \in [0, 1[, par théorème d'encadrement :

lim⁡n→+∞∥Pn∥=0\lim_{n \to +\infty} \|P_n\| = 0
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