Cette page réunit les exercices de analyse générale du concours Centrale PC issus de la RMS 2020. Les corrigés suivent au plus près le document fourni, avec une rédaction légèrement remise en forme.
Centrale
Exercices 2020
5 exercices
Exercice 1—Comparaison optimale de deux normes sur les polynômes
Exercice tombé en 2020 · RMS 1070
DifficultéÀ définir
Énoncé
Pour P∈Rn[X], on pose
∥P∥=k=1∑nP(k1)+∣P(0)∣
et
∥P∥∞=t∈[0,1]sup∣P(t)∣.
Trouver les constantes optimales C1 et C2 telles que, pour tout P∈Rn[X],
C1∥P∥∞≤∥P∥≤C2∥P∥∞.
Indication›
Pour la majoration, utiliser directement les n+1valeurs de P. Pour la minoration, introduire les polynômes de Lagrange associés aux pointsa0=0 etak=1/k.
Corrigé›
On a immédiatement, pour tout P∈Rn[X],
∥P∥≤(n+1)∥P∥∞.
L’égalité est atteinte pour le polynôme constant P=1. Ainsi,
C2=n+1.
Posons maintenant a0=0 et ak=1/k pour 1≤k≤n. Les polynômes de Lagrange
Si j réalise le maximum, alors ∥Lj∥=1 puisqueLj(ak)=δjk, tandis que∥Lj∥∞=λ. L’égalité est donc atteinte.
C1=max0≤k≤n∥Lk∥∞1.
Exercice 2—Produit matriciel et limite exponentielle
Exercice tombé en 2020 · RMS 1072
DifficultéÀ définir
Énoncé
Soient r∈N∗, A∈Mr(C) et, pourn≥1,
fn(A)=k=1∏n(Ir+n2kA).
Vérifier avec Python que, pour r=1 et a∈R, fn(a)→ea/2.
Soit g∈C1([0,1],C) avec g(0)=0. Montrer que ∑k=1ng(k/n2)→g′(0)/2.
Démontrer la convergence dans le cas scalaire réel.
La démontrer ensuite pour un scalaire complexe.
Illustrer avec Python la convergence pour la matrice donnée dans le sujet.
Démontrer la convergence pour cette matrice.
A=6220226220226.
Indication›
Pour le cas réel, appliquer la question 2 àg(t)=ln(1+at). Pour la matrice finale, utiliser qu’elle est symétrique et que ses valeurs propres sont2,6,10.
Corrigé›
1. Observation numérique
import numpy as np
a = 3
for n in range(1, 101):
x = np.exp(-a/2)
for k in range(1, n+1):
x *= 1 + k*a/n**2
print(x)
Le produit numérique tend bien vers 1 après multiplication pare−a/2.
2. Lemme de sommation
Par Taylor-Young en zéro,
g(x)=xg′(0)+xr(x),r(x)→0.
Ainsi
k=1∑ng(n2k)=2nn+1g′(0)+n1k=1∑nnkr(n2k).
Le second terme tend vers 0, uniformément sur les indices, d’où
k=1∑ng(k/n2)⟶2g′(0).
3. Cas réel
Pour n assez grand, tous les facteurs sont positifs et
lnfn(a)=k=1∑nln(1+n2ka).
On applique le lemme à g(t)=ln(1+at), pour lequelg′(0)=a. Ainsi
lnfn(a)→2a,fn(a)→ea/2.
4. Cas complexe
Le corrigé RMS établit d’abord le lemme, pour u1,…,un∈C,
k=1∏n(1+uk)−1≤k=1∏n(1+∣uk∣)−1.
En comparant chaque facteur à ekz/n2, le reste est majoré par une quantité de la formeeM(z)/n−1, qui tend vers zéro. On obtient donc encore
fn(z)→ez/2.
5–6. Matrice du sujet
La matrice A est réelle symétrique. Son polynôme caractéristique est
χA(X)=(X−2)(X−6)(X−10).
Elle est donc semblable à
D=diag(2,6,10).
Si A=PDP−1, alors les facteurs du produit commutent et
fn(A)=Pdiag(fn(2),fn(6),fn(10))P−1.
Par la question scalaire,
fn(A)⟶Pdiag(e,e3,e5)P−1=eA/2.
Exercice 3—Valeurs entières d’un polynôme et limite exponentielle
Exercice tombé en 2020 · RMS 1073
DifficultéÀ définir
Énoncé
Soit P∈R[X]. On suppose que
e2iπP(n)⟶1(n→+∞).
Montrer que
∀n∈Z,P(n)∈Z.
Indication›
Faire une récurrence sur le degré de P et considérerQ(X)=P(X+1)−P(X).
Corrigé›
On raisonne par récurrence sur d=degP.
Si d=0, alors P=a0 ete2iπa0=1, donc a0∈Z.
Supposons le résultat acquis au degré d et soitP de degré d+1. Posons
Q(X)=P(X+1)−P(X).
Alors degQ=d et
e2iπQ(n)=e2iπP(n)e2iπP(n+1)⟶1.
Par hypothèse de récurrence,
P(n+1)−P(n)=Q(n)∈Z(n∈Z).
En particulier la suite e2iπP(n) est constante sur les entiers consécutifs. Comme elle converge vers 1 quand n→+∞, elle vaut identiquement 1 sur Z.
P(n)∈Zpour tout n∈Z.
Exercice 4—Solutions de tan x = x et développement asymptotique
Exercice tombé en 2020 · RMS 1074
DifficultéÀ définir
Énoncé
Pour n∈N∗, montrer que l’équationtanx=x possède une unique solutionxn dans]nπ−π/2,nπ+π/2[.
Donner un développement asymptotique à trois termes de xn.
Indication›
Étudier x↦tanx−x, puis poseryn=xn−nπ et enfinεn=π/2−yn.
Corrigé›
Sur In=]nπ−π/2,nπ+π/2[, la fonction
F(x)=tanx−x
est strictement croissante car F′(x)=tan2x≥0, et elle passe de−∞ à +∞. Il existe donc une unique solutionxn. Comme F(nπ)=−nπ<0,
nπ<xn<nπ+2π.
Posons yn=xn−nπ. Alors
tanyn=tanxn=xn=nπ+yn→+∞,
donc yn→π/2.
En posant εn=π/2−yn,
tanεn=tanyn1=nπ+yn1∼nπ1.
Comme tanεn∼εn lorsqueεn→0,
εn=nπ1+o(n1).
Finalement,
xn=nπ+2π−nπ1+o(n1).
Exercice 5—Dérivabilité d’une fonction à intégrale oscillante
Exercice tombé en 2020 · RMS 1080
DifficultéÀ définir
Énoncé
On pose, pour t∈[0,1],
f(t)=t(1+t)+∫0tsin(u1)du.
Montrer que f est dérivable sur [0,1].
Montrer que f′([0,1]) est un intervalle mais pas un segment.
Indication›
Indication ajoutée : sur]0,1], dériver par le théorème fondamental. En 0, revenir au taux d’accroissement et exploiter l’oscillation desin(1/u).
Corrigé›
Corrigé source non fourni
Dans le PDF RMS 2020 transmis, l’énoncé 1080 est suivi de « SOLUTION - » sans aucun développement. Je n’ai donc pas fabriqué de corrigé à la place de la source.