Cette sélection réunit des exercices choisit par Grand Maître Maxime. Cherchez d’abord à partir de l’énoncé, puis ouvrez une indication ou le corrigé lorsque vous en avez besoin.
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Exercice 1—Équation matricielle
RMS 2024
Difficulté★★☆☆☆
Énoncé
Déterminer les X∈M2(R) telle que X2+X=(1111).
Indication›
1. Réduire la matrice A=(1111).
2. Montrer que toute solution X commute avec A, ce qui permet de co-diagonaliser X dans la même base de vecteurs propres.
Corrigé›
On note A=(1111)
1. Réduction de la matrice A
La matrice A est symétrique réelle, elle est donc diagonalisable d'après le théorème spectral.
Ses valeurs propres sont immédiatement obtenues :
• λ1=2, associée au sous-espace propre E2(A)=Vect(21(11))
• λ2=0, associée au sous-espace propre E0(A)=Vect(21(1−1))
En posant la matrice orthogonale P=21(111−1) (avec P−1=PT), on obtient :
A=P(2000)PT
2. Co-diagonalisation de X
Soit X∈M2(R) une solution de l'équation X2+X=A.
Remarquons que X et A commutent :
AX=(X2+X)X=X3+X2=X(X2+X)=XA
Donc les sous-espaces propres de A sont stables par X. Comme ces sous-espaces propres sont de dimensions 1, ce sont aussi des sous-espaces propres de X. En effet, les sous-espaces de A sont des droites vectorielles : si une droite vectorielle D est stable par X alors l'image reste sur la même droite : pour v∈D non nul, on a Xv∈D=Vect(v) donc Xv=αv où α∈R.
Ainsi X est diagonalisable et dans la même base que A : Il existe donc des réels λ et μ tels que :
X=P(λ00μ)PT
3. Résolution de l'équation
En injectant l'expression de X dans l'équation X2+X=A, il vient :
P(λ2+λ00μ2+μ)PT=P(2000)PT
Par unicité des coefficients dans la base de diagonalisation, ceci équivaut au système :
{λ2+λ=2μ2+μ=0⟺{(λ−1)(λ+2)=0μ(μ+1)=0
On obtient deux choix possibles pour λ (1 ou −2) et deux choix pour μ (0 ou −1), soit un total de 4 matrices diagonales Y=PTXP :
Le discriminant du polynôme est Δ=4−4×1611=45>0.
A0 admet deux valeurs propres réelles distinctes :
x1=1+45etx2=1−45
La matrice A0 est donc diagonalisable dans M2(R). Il existe P∈GL2(R) telle que :
A0=P(x100x2)P−1
2. Reduction de la récurrence matricielle
Pour tout n∈N, posons Bn=P−1AnP. La récurrence devint :
Bn+1=P−1(2An−An2)P=2Bn−Bn2
Par une récurrence immédiate, Bn reste une matrice diagonale pour tout n∈N. En notant Bn=(un00vn), les suites réelles (un)n∈N et (vn)n∈N vérifient :
u0=x1,v0=x2et∀n∈N,{un+1=f(un)vn+1=f(vn)
où f:x↦2x−x2.
3. Étude de la fonction f et des suites réelles
La fonction f est dérivable sur R avec f′(x)=2(1−x).
On remarque que f(]0,2[)=]0,1] et l'intervalle I=]0,1] est stable par f car f(]0,1])=]0,1].
De plus, 5≈2,236, donc x1,x2∈]0,2[, on voit donc que l'on peut se limiter à étudier les suites récurrentes (an)n∈N vérifiant a0∈]0,2[ et an+1=f(an).
Soit (an)n∈N une telle suite.
Alors a1=f(a0)∈]0,1], et par stabilité, ∀n≥1,an∈]0,1].
Étudions le signe de f(x)−x sur ]0,1] :
f(x)−x=x−x2=x(1−x)≥0pour tout x∈]0,1]
Ainsi, la suite (an)n≥1 est croissante et majorée par 1. D'après le théorème de la limite monotone, elle converge vers une limite ℓ∈]0,1].
Par continuité de f, ℓ vérifie f(ℓ)=ℓ⟺ℓ(1−ℓ)=0. Comme ℓ≥a1>0, la seule possibilité est ℓ=1.
4. Convergence des matrices et conclusion
Comme u0=x1∈]0,2[ et v0=x2∈]0,2[, la propriété s'applique aux deux suites :
n→+∞limun=1etn→+∞limvn=1
Par convergence coefficient par coefficient dans M2(R) :
n→+∞limBn=(1001)=I2
D'autre part, pour tout n∈N :
det(Bn)=det(P−1AnP)=det(An)
L'application M↦det(M) étant continue sur M2(R), on peut intervertir limite et déterminant :
n→+∞limdet(An)=n→+∞limdet(Bn)=det(I2)=1
Conclusion :limn→+∞det(An)=1.
Exercice 3—Caractérisation et forme normale des matrices nilpotentes d'indice n - 1
RMS 2024
Difficulté★★★☆☆
Énoncé
Caractériser les matrices A∈Mn(R) nilpotentes d'indice de nilpotence n−1 (avec n≥2).
Indication›
• Par définition de l'indice de nilpotence, il existe un vecteur x∈Rn tel que An−2x=0.
• Considérer la famille (x,Ax,…,An−2x) de cardinal n−1.
Corrigé›
1. Construction d'une base adaptée
Puisque A est nilpotente d'indice n−1, on a An−1=0 et An−2=0.
Il existe donc un vecteur x∈Rn tel que An−2x=0. La famille de n−1 vecteurs :
F=(x,Ax,A2x,…,An−2x)
est une famille libre (résultat classique sur les endomorphismes nilpotents). Comme dimRn=n, on peut compléter F par un vecteur y∈Rn pour former une base :
B=(x,Ax,A2x,…,An−2x,y)
2. Analyse de l'image du vecteur complété
Exprimons l'image de chaque vecteur de la base par l'endomorphisme canoniquement associé à A :
• Pour 0≤k≤n−3, l'image de Akx est Ak+1x, ce qui donne une sous-diagonale de 1 dans la matrice.
• L'image du (n−1)-ième vecteur est A(An−2x)=An−1x=0.
• Pour le dernier vecteur y, son image Ay se décompose dans la base B :
Ay=α0x+k=1∑n−2αkAkx+βy
• Absence de composante sur y (β=0) : Si β=0, la présence de ce terme propre empêcherait Ay de s'annuler par puissances de A, ce qui contredit An−1y=0.
• Absence de composante sur x (α0=0) : En appliquant An−2 à l'égalité, on obtient An−1y=α0An−2x+0=0. Comme An−2x=0, cela impose α0=0.
On a donc bien Ay∈Vect(Ax,A2x,…,An−2x), ce qui garantit que la première et la dernière ligne de la colonne de y sont nulles.
3. Forme normale et conclusion
La matrice représentative de A dans la base B est donc semblable à A et présente la structure suivante :
M=010⋮00001⋱…………⋱⋱0…00⋮01000⋮0000∗⋮∗∗0
Les matrices nilpotentes d'indice n−1 sont donc exactement les matrices semblables à une matrice composée d'un bloc de Jordan de taille n−1 et d'un bloc nul de taille 1 (ou à deux blocs de Jordan de tailles respectives n−1 et 1).
Remarque : Comparaison avec le cas d'indice n
• Si l'indice vaut n : Il existe un vecteur cyclique x tel que (x,Ax,…,An−1x) forme directement une base complète de Rn. La matrice est alors semblable à un unique bloc de Jordan de taille n.
• Ici (indice n−1) : La famille sous-cyclique (x,Ax,…,An−2x) ne contient que n−1 vecteurs, imposant de la compléter par un vecteur supplémentaire y dont l'image se réinjecte dans le sous-espace engendré par Ax,…,An−2x.
Exercice 4—Équation matricielle A² = Aᵀ et valeurs propres complexes
RMS 2024
Difficulté★★☆☆☆
Énoncé
Soit A∈Mn(R) telle que A2=AT.
a) Quelles sont les valeurs propres complexes possibles de A ?
b) Donner un exemple de matrice A vérifiant cette relation et possédant toutes les valeurs propres possibles trouvées précédemment.
Indication›
a) Transposer la relation A2=AT pour exprimer A4 en fonction de A.
b) Construire A par blocs diagonaux.
Corrigé›
a) Valeurs propres complexes possibles de A
En transposant l'égalité A2=AT, on obtient :
(AT)2=(A2)T=A
En réinjectant AT=A2 dans l'expression de gauche :
A4=A⟺A4−A=0
Le polynôme P(X)=X4−X est donc un polynôme annulateur de A. Factorisons P dans C[X] :
P(X)=X(X3−1)=X(X−1)(X−j)(X−j)
où j=ei32π=−21+i23.
Comme les valeurs propres complexes de A sont obligatoirement des racines de tout polynôme annulateur, on a :
SpC(A)⊆{0,1,j,j}
b) Construction d'un exemple possédant toutes les valeurs propres
Pour posséder à la fois 0,1,j et j comme valeurs propres, la matrice doit être de taille au moins n≥4 (car j et j étant complexes non réels, ils interviennent par paires dans le polynôme caractéristique d'une matrice réelle).
Recherchons un bloc d'ordre 2 réel Rθ=(cosθsinθ−sinθcosθ) ayant pour valeurs propres j et j.
Le polynôme caractéristique de Rθ est :
χ(X)=X2−2cos(θ)X+1
Pour que ses racines soient j et j, il faut que χ(X)=(X−j)(X−j)=X2+X+1, donc :
−2cosθ=1⟺cosθ=−21⟹θ=32π
Le bloc s'écrit alors :
R=(−2123−23−21)
Vérifions que R2=RT : R étant la matrice de la rotation d'angle 2π/3, R2 est la rotation d'angle 4π/3≡−2π/3, ce qui correspond exactement à R−1=RT.
Il suffit de poser la matrice diagonale par blocs suivante (dans M4(R)) :
A=0000010000−212300−23−21
Cette matrice est réelle, vérifie A2=AT par calcul par blocs, et son spectre complexe est exactement SpC(A)={0,1,j,j}.
Exercice 5—Propriétés des matrices antisymétriques et perturbation par une matrice de rang 1
RMS 2024
Difficulté★★★☆☆
Énoncé
Soit n∈N∗ et A∈An(R) une matrice antisymétrique réelle.
a) Montrer que les valeurs propres complexes de A sont imaginaires pures.
b) Que peut-on dire de det(A) lorsque n est impair ?
c) On suppose n pair et soit J∈Mn(R) la matrice dont tous les coefficients valent 1. Montrer que det(A+J)=det(A).
Indication›
• a) Écrire AX=λX dans Cn et calculer X∗AX (où X∗=XT).
• b) Utiliser la propriété de la transposée det(AT)=det(A) et le fait que AT=−A.
• c) Diagonaliser J via le théorème spectral et développer le déterminant par rapport à la première ligne/colonne.
Corrigé›
a) Valeurs propres complexes des matrices antisymétriques
Soit λ∈SpC(A) et X∈Cn∖{0} un vecteur propre associé : AX=λX.
Multiplions à gauche par X∗=XT :
X∗AX=X∗(λX)=λX∗X=λ∥X∥2
En notant ∥X∥ la norme 2 du vecteur X=(x1,…,xn)∈Cn, définie par la racine de la somme des modules au carré de ses coordonnées :
∥X∥=k=1∑n∣xk∣2=X∗X
D'autre part, en prenant la transposée conjuguée du scalaire X∗AX et en utilisant AT=−A :
(X∗AX)∗=X∗A∗X=X∗(−A)X=−X∗AX
Ainsi, λ∥X∥2=−λ∥X∥2. Comme X=0, ∥X∥2>0, d'où :
λ=−λ⟺Re(λ)=0
Les valeurs propres de A sont donc toutes des imaginaires pures.
b) Déterminant de A si n est impair
En utilisant les propriétés du déterminant et le fait que AT=−A :
det(A)=det(AT)=det(−A)=(−1)ndet(A)
Puisque n est impair, (−1)n=−1, ce qui donne :
det(A)=−det(A)⟺2det(A)=0⟺det(A)=0
c) Preuve de det(A+J)=det(A) pour n pair
• Méthode 1 : Disjonction selon l'inversibilité de A
1. Cas où A n'est pas inversible :
On a det(A)=0. Pour une matrice antisymétrique réelle, le rang de A est toujours pair. Puisque n est pair et A non inversible, rg(A)≤n−2, d'où dimker(A)≥2. Par ailleurs, rg(J)=1, donc dimIm(J)=1 et dimker(J)=n−1. Par la formule de Grassmann sur l'intersection des noyaux :
Il existe donc un vecteur non nul X∈ker(A)∩ker(J). Alors (A+J)X=AX+JX=0, donc ker(A+J)={0}. D'où det(A+J)=0=det(A).
2. Cas où A est inversible :
On peut factoriser par A :
det(A+J)=det(A(In+A−1J))=det(A)det(In+A−1J)
La matrice A−1 est également antisymétrique (car (A−1)T=(AT)−1=−A−1). Ses coefficients diagonaux sont donc tous nuls. La matrice J est la matrice remplie de 1, d'où pour la trace du produit :
Par antisymétrie, (A−1)j,i=−(A−1)i,j et (A−1)i,i=0, donc tr(A−1J)=0. Comme rg(A−1J)≤rg(J)=1, la matrice A−1J a au plus une valeur propre non nulle égale à sa trace, c'est-à-dire 0. Toutes ses valeurs propres sont donc nulles et A−1J est trigonalisable avec des zeros sur la diagonale. Ainsi, det(In+A−1J)=1, et finalement det(A+J)=det(A).
• Méthode 2 : Réduction de J & Développement
La matrice J∈Sn(R) est symétrique réelle de rang 1, de trace n. Par le théorème spectral, il existe une matrice orthogonale P∈On(R) telle que :
PTJP=n0⋮000⋮0⋯⋯⋱⋯00⋮0
Posons B=PTAP. B reste antisymétrique car BT=PTATP=−B.
Or, B étant antisymétrique, ses termes diagonaux sont nuls (b1,1=0), et la sous-matrice B1,1 de taille n−1 (qui est impair) est elle-même antisymétrique. D'après la question b), det(B1,1)=0. Le terme en n disparaît donc complètement !
Exercice 6—Racine carrée d'une matrice définie positive et caractérisation des matrices diagonalisables
RMS 2024
Difficulté★★★☆☆
Énoncé
a) Montrer que toute matrice symétrique positive admet une racine carrée.
b) Soit A∈Mn(R). Montrer que A est diagonalisable dans R si et seulement s'il existe S∈Sn++(R) telle que SA=ATS.
Indication›
• a) Diagonaliser S dans une base orthonormée d'après le théorème spectral et poser H=Pdiag(λ1,…,λn)PT.
• b) Sens direct (⟹) : Si A=PDP−1, poser S=(P−1)TP−1.
• b) Sens indirect (⟸) : Écrire S=H2 avec H∈Sn++(R) et étudier la matrice B=HAH−1.
Corrigé›
a) Existence de la racine carrée symétrique définie positive
Soit S∈Sn++(R). Par le théorème spectral, S est diagonalisable dans une B.O.N. et ses valeurs propres λ1,…,λn sont toutes strictement positives.
Il existe donc une matrice orthogonale P∈On(R) et une matrice diagonale D=diag(λ1,…,λn) telles que :
S=PDPT
Posons H=PΔPT où Δ=diag(λ1,…,λn).
• Symétrie :HT=(PΔPT)T=PΔTPT=PΔPT=H. • Définie positivité : Ses valeurs propres sont λi>0, donc H∈Sn++(R). • Égalité des carrés :H2=(PΔPT)(PΔPT)=PΔ2PT=PDPT=S.
b) Caractérisation des matrices diagonalisables dans R
Sens direct (⟹) :
Supposons A diagonalisable dans R. Il existe P∈GLn(R) et D diagonale telles que A=PDP−1. Posons S=(P−1)TP−1.
• ST=((P−1)TP−1)T=(P−1)TP−1=S, donc S∈Sn(R). • Pour tout X∈Rn∖{0}, XTSX=XT(P−1)TP−1X=∥P−1X∥2>0 car P−1 est un isomorphisme. Ainsi S∈Sn++(R). • De plus, AT=(P−1)TDPT, d'où :
ATS=((P−1)TDPT)((P−1)TP−1)=(P−1)TDP−1
SA=((P−1)TP−1)(PDP−1)=(P−1)TDP−1
On a donc bien SA=ATS.
Sens réciproque (⟸) :
Supposons qu'il existe S∈Sn++(R) telle que SA=ATS. D'après la question a), il existe H∈Sn++(R) telle que S=H2. La relation devient :
H2A=ATH2
H étant inversible, multiplions à gauche par H−1 et à droite par H−1 :
HAH−1=H−1ATH
Posons B=HAH−1. Calculons la transposée de B (sachant que HT=H et (H−1)T=H−1) :
BT=(HAH−1)T=(H−1)TATHT=H−1ATH=B
Ainsi, B∈Sn(R). Par le théorème spectral, B est diagonalisable dans R. Comme A=H−1BH, A est semblable à B, donc A est diagonalisable dans R.
Exercice 7—Endomorphisme autoadjoint et sous-espace cyclique
RMS 2024
Difficulté★★★☆☆
Énoncé
Soit E un espace euclidien, a∈L(E) un endomorphisme autoadjoint et u∈E∖{0}.
On pose V=Vect(ak(u)∣k∈N).
Montrer que l'endomorphisme induit par a sur V n'a que des valeurs propres simples.
Indication›
• Montrer d'abord que V est un sous-espace stable par a et en trouver une base B=(u,a(u),…,ap(u)).
• Écrire la matrice de l'endomorphisme induit a~ dans cette base.
• Observer le rang de λI−a~.
Corrigé›
1. Stabilité de V et base compagnon
Le sous-espace V=Vect(ak(u)∣k∈N) est manifestement stable par a. Notons a~=aV∈L(V) l'endomorphisme induit.
Considérons p=max{k∈N∣(u,a(u),…,ak(u)) est libre}. Comme E est de dimension finie n, cet ensemble d'entiers est non vide (il contient 0 car u=0) et majoré par n−1. L'entier p existe donc bien.
Par définition de p, la famille B=(u,a(u),…,ap(u)) est libre, tandis que (u,a(u),…,ap+1(u)) est liée. Ainsi, ap+1(u)∈Vect(u,a(u),…,ap(u)). Par une récurrence immédiate, ak(u)∈Vect(B) pour tout k∈N.
La famille B est donc une base de V et on a dimV=p+1.
2. Structure de la matrice de a~ et multiplicité des valeurs propres
Dans la base B, la matrice de l'endomorphisme induit a~ est sous forme compagnon :
Pour tout λ∈R, la matrice λIp+1−MatB(a~) s'écrit :
λ−10⋮00λ−1⋱………⋱⋱000⋮λ−1α0α1⋮αp−1λ+αp
Les p premières colonnes forment une famille libre (famille échelonnée par les -1), donc :
rg(λIp+1−a~)≥p
Par le théorème du rang :
dimker(a~−λidV)=(p+1)−rg(λIp+1−a~)≤(p+1)−p=1
Ainsi, tous les sous-espaces propres de a~ sont de dimension au plus 1.
3. Conclusion via le caractère autoadjoint
Comme a est autoadjoint sur E et que V est stable par a, la restriction a~ de a à V demeure autoadjointe pour le produit scalaire induit sur V.
Par le théorème spectral, a~ est diagonalisable dans V. Pour un endomorphisme diagonalisable, la multiplicité d'une valeur propre dans le polynôme caractéristique est égale à la dimension de son sous-espace propre associé.
Puisque dimEλ(a~)≤1 pour tout λ∈Sp(a~), toutes les valeurs propres de a~ ont une multiplicité égale à 1.
L'endomorphisme induit a~ n'a donc que des valeurs propres simples.