Cette sélection réunit des exercices d’algèbre et d’espaces euclidiens tombés aux oraux des ENS. Cherchez d’abord à partir de l’énoncé, puis ouvrez une indication ou le corrigé lorsque vous en avez besoin.
Exercices 2026
Les exercices 2026 seront ajoutés prochainement.
Exercices 2025
Exercice 1—Composition de projecteurs orthogonaux
Exercice tombé en 2025
DifficultéÀ définir
Énoncé
Soient E un espace euclidien et p,q∈L(E) deux projecteurs orthogonaux qui commutent. Montrer que p∘q est un projecteur orthogonal.
Indication›
Commencer par montrer, à l’aide de la commutation de p et q, que p∘q est bien un projecteur.
Pour l’orthogonalité, on peut utiliser la caractérisation suivante : un projecteur r est orthogonal si et seulement si
∀x∈E,∥r(x)∥≤∥x∥.
Corrigé›
1. Montrons d’abord que p∘q est un projecteur
Comme p et q commutent,
(p∘q)2=p∘q∘p∘q=p∘p∘q∘q=p2∘q2=p∘q.
Ainsi,
p∘q est un projecteur.
2. Une caractérisation utile des projecteurs orthogonaux
Montrons le résultat de cours suivant : si r est un projecteur de E, alors
r est orthogonal⟺∀x∈E,∥r(x)∥≤∥x∥.
Sens direct
Supposons r orthogonal. Pour tout x∈E,
x=r(x)+(x−r(x)).
Or r(x)∈Im(r) et
r(x−r(x))=r(x)−r2(x)=0,
donc
x−r(x)∈ker(r).
Puisque r est un projecteur orthogonal,
Im(r)⊥ker(r).
On a donc
r(x)⊥x−r(x).
Par le théorème de Pythagore,
∥x∥2=∥r(x)∥2+∥x−r(x)∥2≥∥r(x)∥2.
Par conséquent,
∥r(x)∥≤∥x∥.
Sens réciproque
Supposons maintenant que
∀z∈E,∥r(z)∥≤∥z∥.
Soient x∈ker(r) et y∈Im(r). Comme y∈Im(r) et que r est un projecteur,
r(y)=y.
Pour tout λ∈R, on a alors
∥y∥=∥r(λx+y)∥≤∥λx+y∥.
En élevant au carré,
∥y∥2≤λ2∥x∥2+2λ⟨x,y⟩+∥y∥2.
Donc, pour tout réel λ,
λ2∥x∥2+2λ⟨x,y⟩≥0.
Si x=0, l’orthogonalité est immédiate. Supposons donc x=0. Le polynôme
λ⟼∥x∥2λ2+2⟨x,y⟩λ
est positif ou nul pour tout réel λ. Son discriminant est donc inférieur ou égal à zéro :
Δ=4⟨x,y⟩2≤0.
Il vient nécessairement
⟨x,y⟩=0.
Ainsi,
ker(r)⊥Im(r),
ce qui montre que r est un projecteur orthogonal.
Nous avons donc bien établi
r projecteur orthogonal⟺∀x∈E,∥r(x)∥≤∥x∥
3. Application à p∘q
Les projecteurs p et q étant orthogonaux, la caractérisation précédente donne, pour tout x∈E,
∥p(q(x))∥≤∥q(x)∥≤∥x∥.
Autrement dit,
∥(p∘q)(x)∥≤∥x∥.
Or nous avons déjà montré que p∘q est un projecteur. La caractérisation précédente permet donc de conclure :
p∘q est un projecteur orthogonal.
Complément — noyau et image de p∘q
On a d’abord
ker(q)⊂ker(p∘q).
Comme p∘q=q∘p, on a également
ker(p)⊂ker(p∘q).
D’où
ker(p)+ker(q)⊂ker(p∘q).
Attention : il s’agit bien ici d’une somme de sous-espaces, et non d’une réunion.
Réciproquement, soit x∈ker(p∘q). On écrit
x=p(x)+(x−p(x)).
On a
p(x−p(x))=p(x)−p2(x)=0,
donc
x−p(x)∈ker(p).
D’autre part, puisque p∘q=q∘p,
q(p(x))=p(q(x))=(p∘q)(x)=0.
Ainsi,
p(x)∈ker(q).
On en déduit
x∈ker(p)+ker(q).
Finalement,
ker(p∘q)=ker(p)+ker(q)
Pour l’image, on a immédiatement
Im(p∘q)⊂Im(p).
Comme p∘q=q∘p,
Im(p∘q)⊂Im(q).
D’où
Im(p∘q)⊂Im(p)∩Im(q).
Réciproquement, si
x∈Im(p)∩Im(q),
alors p(x)=x et q(x)=x, donc
(p∘q)(x)=p(q(x))=p(x)=x.
Ainsi x appartient à l’image de p∘q. Donc
Im(p∘q)=Im(p)∩Im(q)
On peut alors donner une seconde conclusion à l’exercice :
On retrouve donc directement que p∘q est un projecteur orthogonal.
Exercice 2—Crochets de Lie itérés et rayon spectral
Exercice tombé en 2025
DifficultéÀ définir
Énoncé
Soit p∈N∗. On considère l’application
[⋅,⋅]:Mp(R)2(A,B)⟶Mp(R)⟼[A,B]=AB−BA.
On pose
f0(A,B)=B
et, pour tout n∈N,
fn+1(A,B)=[A,fn(A,B)].
Déterminer, pour tout n∈N, les coefficients(cn,j)j∈[[0,n]] tels que
fn(A,B)=j=0∑ncn,jAjBAn−j.
Soit A∈Sp(R). On pose
ρ(A)=λ∈Sp(A)sup∣λ∣.
Déterminer une condition nécessaire sur ρ(A) pour que
ρ(fn(A,B))n→+∞0
pour tout B∈Mp(R).
Trouver A∈Sp(R) telle que la propriété précédente ne soit pas vérifiée et
ρ(A)=21.
Indication›
Pour la première question, écrire fn en fonction de fn−1 et obtenir une relation de récurrence sur les coefficients cn,j. Le triangle de Pascal apparaît naturellement.
Pour la deuxième question, utiliser le théorème spectral pour relier le rayon spectral d’une matrice symétrique à la norme opérateur subordonnée à la norme euclidienne.
Pour la dernière question, regarder ce qui se passe à la valeur limite ρ(A)=1/2.
Corrigé›
1. Détermination des coefficients cn,j
Le crochet[A,B]=AB−BA est appelé le crochet de Lie de A et B.
On raisonne par récurrence pour déterminer les coefficients cn,j.
De plus, le rayon spectral d’une matrice est inférieur ou égal à toute norme opérateur subordonnée, donc
ρ(fn(A,B))≤∥fn(A,B)∥2.
Ainsi,
ρ(fn(A,B))≤∥B∥2(2ρ(A))n.
Par conséquent, si
ρ(A)<21,
alors
(2ρ(A))nn→+∞0
et donc, pour toute matrice B,
ρ(fn(A,B))n→+∞0.
Une condition suffisante est donc
ρ(A)<21.
3. Contre-exemple au cas ρ(A)=1/2
Prenons
A=(2100−21)
et
B=(0110).
La matrice A est symétrique et ses valeurs propres sont 21 et −21. Ainsi,
ρ(A)=21.
Calculons maintenant
f1(A,B)=AB−BA=(0−110).
Puis
f2(A,B)=[A,f1(A,B)]=(0110)=B.
Par conséquent,
f3(A,B)=[A,f2(A,B)]=[A,B]=f1(A,B).
La suite est donc périodique :
f2k(A,B)=B,f2k+1(A,B)=(0−110)(k≥0).
Ces deux matrices ont un rayon spectral égal à 1. Ainsi,
ρ(fn(A,B))=1pour tout n≥1.
En particulier,
ρ(fn(A,B))⟶0.
On a donc bien obtenu un contre-exemple à la valeur limite :
A=(2100−21),ρ(A)=21
Exercices 2024
Exercice 1—Produit scalaire sur ℝ_n[X], orthonormalisation de Gram-Schmidt et forme canonique
RMS 2024
Difficulté★☆☆☆☆
Énoncé
Soient a0,a1,…,an des réels. On définit sur Rn[X]×Rn[X] l'application :
⟨.∣.⟩:(P,Q)↦k=0∑nP(k)(ak)Q(k)(ak)
a) Montrer qu'il s'agit d'un produit scalaire sur Rn[X].
b) Montrer qu'il existe une base (P0,…,Pn) de Rn[X] orthonormée pour ce produit scalaire et telle que, pour tout k∈{0,…,n}, degPk=k et le coefficient dominant de Pk est strictement positif.
c) Déterminer la valeur de Pk(k)(ak) pour tout k∈{0,…,n}.
d) Dans le cas particulier où a0=a1=⋯=an=a, déterminer explicitement les polynômes Pk.
Indication›
• a) Pour la séparation, considérer le degré d=degP pour montrer que P(d)(ad)=0 si P=0.
• b) Appliquer l'orthonormalisation de Gram-Schmidt à la base canonique (1,X,…,Xn).
• c) Exploiter la relation d'orthonormalité ⟨Pk∣Pn⟩=0 pour k<n.
• d) Utiliser l'annulation des dérivées successives en a pour identifier a comme racine de multiplicité k.
Corrigé›
a) Preuve de la structure de produit scalaire
• Symphétrie et bilinéarité : Évidentes par la commutativité du produit dans R et la linéarité de la dérivation et de la somme.
• Positivité :⟨P∣P⟩=∑k=0n(P(k)(ak))2≥0 comme somme de carrés de réels.
• Caractère défini (Séparation) : Soit P∈Rn[X] tel que ⟨P∣P⟩=0. Alors tous les termes de la somme sont nuls, d'où :
∀k∈{0,…,n},P(k)(ak)=0
Raisonnons par l'absurde et supposons P=0. Soit d=degP∈{0,…,n}. La dérivée d-ième de P est un polynôme constant non nul :
P(d)=d!⋅dom(P)=0
En particulier, P(d)(ad)=0, ce qui contredit P(d)(ad)=0. Ainsi P=0.
⟨⋅∣⋅⟩ est donc bien un produit scalaire sur Rn[X].
b) Existence et unicité de la base orthonormée échelonnée
On orthonormalise la base canonique (1,X,…,Xn) par le procédé de Gram-Schmidt en construisant la suite de polynômes orthogonaux par récurrence :
M0=1puis∀i∈{1,…,n},Mi=Xi−k=0∑i−1⟨Xi∣Mk⟩Mk
Puis on normalise chaque élément en posant :
∀i∈{0,…,n},Pi=∥Mi∥Mi
Par construction :
• ∀i∈{0,…,n},degPi=degXi=i. • Le coefficient dominant de Pi est ∥Mi∥1>0.
La famille B=(P0,…,Pn) forme donc une base orthonormée de Rn[X] (famille libre de n+1 polynômes dans un espace de dimension n+1).
c) Calcul des dérivées Pk(k)(ak)
Pour k=0 : P0 est un polynôme constant positif de norme 1. Or ∥P0∥2=(P0(a0))2=1, d'où P0(a0)=1.
Pour k∈{1,…,n}, les termes de dérivée d'ordre supérieur au degré du polynôme sont nuls (Pk(l)=0 pour l>k). Donc la norme s'écrit :
∥Pk∥2=l=0∑k(Pk(l)(al))2=1
De plus, pour tout j<k, par orthogonalité ⟨Pj∣Pk⟩=0. Cela impose Pk(l)(al)=0 pour tout l<k.
Il ne reste donc que le terme d'indice k dans la somme :
(Pk(k)(ak))2=1⟹Pk(k)(ak)=1
(Le signe est positif car Pk(k)=k!⋅dom(Pk)>0).
d) Cas particulier a0=a1=⋯=an=a
D'après la question c), pour tout l<k, on a Pk(l)(a)=0.
Ainsi, a est une racine de multiplicité au moins k du polynôme Pk. Comme degPk=k, il existe un réel λk>0 tel que :
Pk(X)=λk(X−a)k
En dérivant k fois : Pk(k)(X)=λk⋅k!.
Or Pk(k)(a)=1, donc λk⋅k!=1⟺λk=k!1.
On obtient donc les polynômes de Taylor :
∀k∈{0,…,n},Pk(X)=k!(X−a)k
Exercice 2—Familles de vecteurs couvrant l'espace par produit scalaire
RMS 2024
Difficulté★☆☆☆☆
Énoncé
Soient (n,k)∈(N∗)2 et (f1,…,fk) une famille de vecteurs de Rn.
On suppose que :
∀x∈Rn∖{0},∃i∈{1,…,k},⟨x∣fi⟩>0
a) Donner un exemple d'une telle famille de Rn.
b) Montrer que (f1,…,fk) est une famille génératrice de Rn.
Indication›
• a) Penser à partir de la base canonique.
• b) Raisonner par l'orthogonal en considérant F=Vect(f1,…,fk) et en montrant que F⊥={0}.
Corrigé›
a) Exemple de famille vérifiant la propriété
Considérons la famille constituée des vecteurs de la base canonique (e1,…,en) de Rn et de leurs opposés :
F=(e1,…,en,−e1,…,−en)
Soit x=(x1,…,xn)∈Rn∖{0}. Comme x=0, il existe au moins une composante non nulle xi=0.
• Si xi>0, alors ⟨x∣ei⟩=xi>0. • Si xi<0, alors ⟨x∣−ei⟩=−xi>0.
Cette famille de 2n vecteurs vérifie donc la propriété demandée.
b) Preuve du caractère générateur de la famille
Notons F=Vect(f1,…,fk) le sous-espace vectoriel engendré par la famille.
Soit x∈F⊥. Par définition de l'orthogonal, x est orthogonal à tous les générateurs de F :
∀i∈{1,…,k},⟨x∣fi⟩=0
Si x=0, l'hypothèse de l'énoncé implique l'existence d'un indice i0∈{1,…,k} tel que ⟨x∣fi0⟩>0, ce qui contredit le fait que tous les produits scalaires soient nuls.
On en déduit donc que F⊥={0}.
Puisque Rn est de dimension finie, on a :
F=(F⊥)⊥={0}⊥=Rn
Ainsi, Vect(f1,…,fk)=Rn, ce qui prouve que la famille (f1,…,fk) est génératrice de Rn.
Exercice 3—Normes de Schatten sur S_n(ℝ) et caractérisation variationnelle
RMS 2024
Difficulté★★☆☆☆
Énoncé
Soient n∈N∗ et M∈Sn(R). En notant (s1,…,sn) les valeurs propres de M, on pose pour tout p≥1 :
Np(M)=(i=1∑n∣si∣p)1/p
a) Montrer que (A,B)↦tr(AB) est un produit scalaire sur Sn(R). En déduire que N2 est une norme sur Sn(R).
b) Montrer que N1(M)=sup{∣tr(MO)∣∣O∈On(R)}. En déduire que N1 est une norme sur Sn(R).
Indication›
a) Utiliser le théorème spectral pour diagonaliser M.
b) Pour le sup, exhiber une matrice orthogonale O qui aligne les signes des valeurs propres pour l'égalité, puis utiliser la propriété ∣Oi,i∣≤1 pour la majoration.
Corrigé›
a) Produit scalaire de Frobenius et norme N2
Notons ⟨A∣B⟩=tr(AB) :
• Symétrie : Pour A,B∈Sn(R), tr(AB)=tr(BA) par propriété de la trace.
• Bilinéarité : Découle directement de la linéarité de la trace et de la distributivité du produit matriciel.
• Positivité et caractère défini : Soit M∈Sn(R). Par le théorème spectral, M est orthogonalement semblable à une matrice diagonale D=diag(s1,…,sn). Ainsi, M2 a pour valeurs propres (s12,…,sn2). Par invariance de la trace par changement de base :
tr(M2)=i=1∑nsi2≥0
De plus, tr(M2)=0⟺∑i=1nsi2=0⟺∀i,si=0⟺M=0 (car M est diagonalisable).
L'application est donc un produit scalaire sur Sn(R).
Comme N2(M)=(∑i=1nsi2)1/2=tr(M2)=⟨M∣M⟩, N2 est la norme euclidienne associée, donc c'est une norme sur Sn(R).
b) Caractérisation variationnelle de N1 et preuve qu'il s'agit d'une norme
1. Preuve de l'égalité N1(M)=supO∈On(R)∣tr(MO)∣ :
Soit M∈Sn(R). Il existe une base orthonormée propre B=(e1,…,en) telle que Mei=siei. Quitte à réordonner, on suppose que si<0 pour i∈{1,…,p} et si≥0 pour i>p.
• Minoration du Sup : Définissons l'endomorphisme O par Oei=−ei si i≤p et Oei=ei si i>p. O transforme une B.O.N. en une B.O.N., donc O∈On(R). On a alors MOei=∣si∣ei, ce qui donne :
• Majoration du Sup : Soit O∈On(R). Dans la base B, les coefficients diagonaux de MO sont siOi,i. Comme O est orthogonale, ses coefficients vérifient ∣Oi,i∣≤1. Par inégalité triangulaire :
N1 est donc bien une norme sur Sn(R) (il s’agit de la norme nucléaire / trace).
Exercice 4—Loi d'inertie de Sylvester et caractérisation sous-espaciale
RMS 2024
Difficulté★★★☆☆
Énoncé
a) Soit S∈Sn(R) inversible. Montrer que les deux assertions suivantes sont équivalentes :
(i) S admet exactement k valeurs propres strictement positives (comptées avec multiplicité).
(ii) Il existe deux sous-espaces vectoriels F et G de Rn tels que :
{dimF=ket∀x∈F∖{0},xTSx>0dimG=n−ket∀y∈G,yTSy≤0
b) Soit S∈Sn(R) inversible et P∈GLn(R). Montrer que PTSP et S ont le même nombre de valeurs propres positives.
Indication›
a) (i) ⟹ (ii) : Utiliser le théorème spectral.
a) (ii) ⟹ (i) : Montrer que F∩E<0={0} et G∩E>0={0} pour encadrer la dimension de E>0.
b) Transporter les sous-espaces F et G par l'isomorphisme P−1 et appliquer le résultat de la question a).
Corrigé›
a) Équivalence entre le nombre de valeurs propres positives et la caractérisation par sous-espaces
(i) ⟹ (ii) :
Soit S∈Sn(R) inversible. Par le théorème spectral, il existe une B.O.N. (x1,…,xn) de vecteurs propres associée aux valeurs propres (λ1,…,λn). Comme S est inversible, 0 n'est pas valeur propre. Quitte à réordonner, on suppose que :
λ1≥⋯≥λk>0>λk+1≥⋯≥λn
Posons F=Vect(x1,…,xk) et G=Vect(xk+1,…,xn). On a bien dimF=k et dimG=n−k. Pour tout x=∑i=1kcixi∈F∖{0} :
Les sous-espaces F et G vérifient bien les conditions (ii).
(ii) ⟹ (i) :
Notons E>0 (resp. E<0) la somme directe des sous-espaces propres de S associés aux valeurs propres strictement positives (resp. négatives). Notons p=dimE>0 le nombre de valeurs propres positives (comptées avec multiplicité). Puisque S est diagonalisable sans valeur propre nulle, dimE<0=n−p.
• Soit x∈F∩E<0. D'une part, x∈E<0⟹xTSx≤0. D'autre part, si x=0, x∈F⟹xTSx>0. Ainsi, F∩E<0={0}. En appliquant la formule de Grassmann sur la somme :
dim(F+E<0)=dimF+dimE<0=k+(n−p)≤n⟹p≥k
• Soit y∈G∩E>0. D'une part, y∈G⟹yTSy≤0. D'autre part, si y=0, y∈E>0⟹yTSy>0. Ainsi, G∩E>0={0}. Par Grassmann :
dim(G+E>0)=dimG+dimE>0=(n−k)+p≤n⟹p≤k
On conclut que p=k. S possède donc exactement k valeurs propres positives.
b) Conservation du nombre de valeurs propres positives par congruence (Loi d'invariance de Sylvester)
Soient S∈Sn(R) inversible ayant k valeurs propres positives et P∈GLn(R).
D'après la question a), il existe deux sous-espaces F et G vérifiant les propriétés (ii) pour S.
Considérons les sous-espaces image par l'isomorphisme P−1 :
F′=P−1(F)={P−1x∣x∈F}etG′=P−1(G)={P−1y∣y∈G}
Comme P est inversible, dimF′=dimF=k et dimG′=dimG=n−k.
Soit z∈F′∖{0}. Il existe x∈F∖{0} tel que z=P−1x (c'est-à-dire x=Pz). On a alors :
zT(PTSP)z=(Pz)TS(Pz)=xTSx>0
De même, pour tout z∈G′, en posant y=Pz∈G :
zT(PTSP)z=yTSy≤0
Les sous-espaces F′ et G′ satisfont aux conditions (ii) pour la matrice symétrique inversible PTSP. Par l'équivalence prouvée en a), PTSP possède exactement k valeurs propres positives.