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Équations différentielles

Cette sélection réunit des exercices choisit par Grand Maître Maxime. Cherchez d’abord à partir de l’énoncé, puis ouvrez une indication ou le corrigé lorsque vous en avez besoin.

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Exercice 1—Équation différentielle et condition de limite en l'infini

RMS 2024

Difficulté★★☆☆☆

Énoncé

Soit g:R→Rg : \mathbb{R} \to \mathbb{R} une fonction de classe C1C^1 telle que lim⁡t→+∞g(t)=0\lim_{t \to +\infty} g(t) = 0.

Soit ff une fonction telle que pour tout t∈Rt \in \mathbb{R}, f′(t)−f(t)=g(t)f'(t) - f(t) = g(t). On pose a=f(0)a = f(0).

Montrer qu'il existe une unique valeur de aa pour laquelle lim⁡t→+∞f(t)=0\lim_{t \to +\infty} f(t) = 0.

Indication›

1. Résoudre l'équation différentielle y′−y=gy' - y = g.

2. Procéder par analyse-synthèse

Corrigé›

1. Résolution de l'équation différentielle

Considérons l'équation différentielle (E):y′−y=g(E) : y' - y = g.

L'équation homogène associée (E0):y′−y=0(E_0) : y' - y = 0 a pour solutions les fonctions x↦λexx \mapsto \lambda e^x avec λ∈R\lambda \in \mathbb{R}.

Par la méthode de variation de la constante, en cherchant une solution de la forme y(x)=λ(x)exy(x) = \lambda(x)e^x,
on obtient λ′(x)ex=g(x)\lambda'(x)e^x = g(x), soit λ′(x)=g(x)e−x\lambda'(x) = g(x)e^{-x}. Comme gg est continue sur R\mathbb{R}, une primitive s'annulant
en 0 est x↦∫0xg(t)e−tdtx \mapsto \int_0^x g(t)e^{-t}\mathrm{d}t.

L'ensemble des solutions de (E)(E) est donc :

S(E)={x↦(λ+∫0xg(t)e−tdt)ex  |  λ∈R}S_{(E)} = \left\{ x \mapsto \left( \lambda + \int_0^x g(t)e^{-t}\mathrm{d}t \right) e^x \;\middle|\; \lambda \in \mathbb{R} \right\}

Ainsi, la fonction ff s'écrit nécessairement pour tout x∈Rx \in \mathbb{R} :

f(x)=(a+∫0xg(t)e−tdt)exf(x) = \left( a + \int_0^x g(t)e^{-t}\mathrm{d}t \right) e^x

car en particulier f(0)=λ=af(0) = \lambda = a.

2. Analyse (Unicité de aa)

Supposons qu'il existe a∈Ra \in \mathbb{R} tel que lim⁡x→+∞f(x)=0\lim_{x \to +\infty} f(x) = 0.

Comme gg admet une limite finie en +∞+\infty (égale à 0), gg est bornée sur [0,+∞[[0, +\infty[. On a donc g(t)e−t=O(e−t)g(t)e^{-t} = O(e^{-t}) au voisinage de +∞+\infty. Par comparaison aux intégrales de fonctions intégrables, l'intégrale impropre ∫0+∞g(t)e−tdt\int_0^{+\infty} g(t)e^{-t}\mathrm{d}t converge.

Supposons par l'absurde que a≠−∫0+∞g(t)e−tdta \neq -\int_0^{+\infty} g(t)e^{-t}\mathrm{d}t. Alors :

lim⁡x→+∞(a+∫0xg(t)e−tdt)=a+∫0+∞g(t)e−tdt≠0\lim_{x \to +\infty} \left( a + \int_0^x g(t)e^{-t}\mathrm{d}t \right) = a + \int_0^{+\infty} g(t)e^{-t}\mathrm{d}t \neq 0

Par produit de limites avec lim⁡x→+∞ex=+∞\lim_{x \to +\infty} e^x = +\infty, on en déduirait que lim⁡x→+∞f(x)=±∞\lim_{x \to +\infty} f(x) = \pm \infty, ce qui contredit l'hypothèse lim⁡+∞f=0\lim_{+\infty} f = 0.

Par conséquent, la seule valeur possible de aa est :

a=−∫0+∞g(t)e−tdta = -\int_0^{+\infty} g(t)e^{-t}\mathrm{d}t

3. Synthèse (Existence de la solution)

Réciproquement, posons a=−∫0+∞g(t)e−tdta = -\int_0^{+\infty} g(t)e^{-t}\mathrm{d}t.

Par la relation de Chasles, la fonction ff s'écrit pour tout x∈Rx \in \mathbb{R} :

f(x)=(−∫0+∞g(t)e−tdt+∫0xg(t)e−tdt)ex=−(∫x+∞g(t)e−tdt)exf(x) = \left( -\int_0^{+\infty} g(t)e^{-t}\mathrm{d}t + \int_0^x g(t)e^{-t}\mathrm{d}t \right) e^x = -\left( \int_x^{+\infty} g(t)e^{-t}\mathrm{d}t \right) e^x

D'où l'inégalité triangulaire :

∣f(x)∣⩽(∫x+∞∣g(t)∣e−tdt)ex|f(x)| \leqslant \left( \int_x^{+\infty} |g(t)| e^{-t}\mathrm{d}t \right) e^x

Soit ε>0\varepsilon > 0. Comme lim⁡t→+∞g(t)=0\lim_{t \to +\infty} g(t) = 0, il existe x0∈Rx_0 \in \mathbb{R} tel que pour tout t⩾x0t \geqslant x_0, ∣g(t)∣⩽ε|g(t)| \leqslant \varepsilon.

Alors, pour tout x⩾x0x \geqslant x_0 :

∣f(x)∣⩽ε(∫x+∞e−tdt)ex=εe−xex=ε|f(x)| \leqslant \varepsilon \left( \int_x^{+\infty} e^{-t}\mathrm{d}t \right) e^x = \varepsilon e^{-x} e^x = \varepsilon

Ce qui prouve exactement que lim⁡x→+∞f(x)=0\lim_{x \to +\infty} f(x) = 0.

Conclusion : Il existe une unique valeur a=−∫0+∞g(t)e−tdta = -\int_0^{+\infty} g(t)e^{-t}\mathrm{d}t pour laquelle lim⁡x→+∞f(x)=0\lim_{x \to +\infty} f(x) = 0.

Exercice 2—Propriété de valeur intermédiaire pour une expression différentielle

RMS 2024

Difficulté★★★☆☆

Énoncé

Soit V={f∈C1([0,1],R)  |  f(0)=0 et f(1)=1}V = \left\{ f \in C^1([0,1], \mathbb{R}) \;\middle|\; f(0) = 0 \text{ et } f(1) = 1 \right\}.

Trouver tous les α∈R\alpha \in \mathbb{R} tels que pour tout f∈Vf \in V, il existe x∈[0,1]x \in [0,1] vérifiant :

f(x)+α=f′(x)f(x) + \alpha = f'(x)
Indication›

1. Pour l'analyse / recherche de candidats, considérer une solution de l'équation différentielle y′−y=αy' - y = \alpha appartenant à VV.

2. Pour la synthèse, poser la fonction auxiliaire φ(x)=(f(x)+α)e−x\varphi(x) = (f(x) + \alpha) e^{-x} et appliquer le théorème de Rolle.

Corrigé›

On note AA l'ensemble des réels α∈R\alpha \in \mathbb{R} vérifiant la propriété voulue :

A={α∈R  |  ∀f∈V, ∃x∈[0,1], f′(x)−f(x)=α}A = \left\{ \alpha \in \mathbb{R} \;\middle|\; \forall f \in V, \, \exists x \in [0,1], \, f'(x) - f(x) = \alpha \right\}

1. Recherche des candidats (Analyse)

Afin de restreindre les valeurs possibles de α\alpha, cherchons si une solution de l'équation différentielle (E):y′−y=α(E) : y' - y = \alpha peut appartenir à l'ensemble VV.

Les solutions sur [0,1][0,1] de l'équation y′−y=αy' - y = \alpha sont de la forme f(x)=λex−αf(x) = \lambda e^x - \alpha avec λ∈R\lambda \in \mathbb{R}.

Pour qu'une telle fonction ff appartienne à VV, elle doit vérifier :

{f(0)=0  ⟹  λ−α=0  ⟹  λ=αf(1)=1  ⟹  λe−α=1\begin{cases} f(0) = 0 \implies \lambda - \alpha = 0 \implies \lambda = \alpha \\ f(1) = 1 \implies \lambda e - \alpha = 1 \end{cases}

En remplaçant λ\lambda par α\alpha dans la seconde condition, on obtient αe−α=1\alpha e - \alpha = 1, d'où :

α=1e−1\alpha = \frac{1}{e - 1}

Pour cette fonction particulière f0(x)=ex−1e−1∈Vf_0(x) = \frac{e^x - 1}{e - 1} \in V, l'expression f0′(x)−f0(x)f_0'(x) - f_0(x) est constante et égale à 1e−1\frac{1}{e - 1} pour tout x∈[0,1]x \in [0, 1].

Ainsi, la seule valeur candidate possible est α=1e−1\alpha = \frac{1}{e - 1} (soit A⊆{1e−1}A \subseteq \left\{ \frac{1}{e - 1} \right\}).

2. Démontrer que α=1e−1\alpha = \frac{1}{e - 1} convient (Synthèse)

Soit f∈Vf \in V quelconque. Posons α=1e−1\alpha = \frac{1}{e - 1} et introduisons la fonction auxiliaire :

φ(x)=(f(x)+α)e−x\varphi(x) = (f(x) + \alpha) e^{-x}

La fonction φ\varphi est de classe C1C^1 sur [0,1][0,1] comme produit de fonctions C1C^1.

Calculons ses valeurs aux bornes :

• φ(0)=(f(0)+α)e0=α\varphi(0) = (f(0) + \alpha) e^0 = \alpha

• φ(1)=(f(1)+α)e−1=(1+α)e−1\varphi(1) = (f(1) + \alpha) e^{-1} = (1 + \alpha) e^{-1}

Or, comme α=1e−1\alpha = \frac{1}{e - 1}, on a 1+α=1+1e−1=ee−1=αe1 + \alpha = 1 + \frac{1}{e - 1} = \frac{e}{e - 1} = \alpha e. D'où :

φ(1)=(αe)e−1=α=φ(0)\varphi(1) = (\alpha e) e^{-1} = \alpha = \varphi(0)

La fonction φ\varphi est continue sur [0,1][0, 1], dérivable sur ]0,1[]0, 1[ et φ(0)=φ(1)\varphi(0) = \varphi(1). D'après le Théorème de Rolle, il existe x∈]0,1[x \in ]0, 1[ tel que φ′(x)=0\varphi'(x) = 0.

Or, pour tout x∈[0,1]x \in [0, 1] :

φ′(x)=f′(x)e−x−(f(x)+α)e−x=(f′(x)−f(x)−α)e−x\varphi'(x) = f'(x)e^{-x} - (f(x) + \alpha)e^{-x} = (f'(x) - f(x) - \alpha) e^{-x}

Puisque e−x≠0e^{-x} \neq 0, φ′(x)=0\varphi'(x) = 0 équivaut à :

f′(x)−f(x)=αf'(x) - f(x) = \alpha

Conclusion : L'unique valeur de α\alpha satisfaisant la propriété est α=1e−1\alpha = \frac{1}{e - 1} (soit A={1e−1}A = \left\{ \frac{1}{e - 1} \right\}).

Exercice 3—Étude asymptotique d'une équation différentielle non linéaire

RMS 2024

Difficulté★★★★☆

Énoncé

Soit f:R+→R∖{0,1}f : \mathbb{R}_+ \to \mathbb{R} \setminus \{0, 1\} une fonction de classe C1\mathcal{C}^1 telle que :

∀x∈R+,f′(x)=1f(x)+1f(x)−1\forall x \in \mathbb{R}_+, \quad f'(x) = \frac{1}{f(x)} + \frac{1}{f(x) - 1}

Déterminer lim⁡x→+∞f(x)\lim_{x \to +\infty} f(x).

Indication›

1. Montrer que f(R+)f(\mathbb{R}_+) est entièrement inclus dans l'un des trois intervalles ]1,+∞[]1, +\infty[, ]0,1[]0, 1[ ou ]−∞,0[]-\infty, 0[.

2. Pour les cas f(x)>1f(x) > 1 et f(x)<0f(x) < 0, montrer que ff est monotone puis raisonner par l'absurde.

3. Pour le cas f(x)∈]0,1[f(x) \in ]0, 1[, montrer d'abord que si ff atteint 12\frac{1}{2} en un point x0x_0, elle reste constante égale à 12\frac{1}{2} sur [x0,+∞[[x_0, +\infty[.

Corrigé›

1. Disjonction des cas selon l'image de f

Par hypothèse, ff ne prend jamais les valeurs 0 et 1. D'après le théorème des valeurs intermédiaires, la fonction ff étant continue sur l'intervalle R+\mathbb{R}_+, son image f(R+)f(\mathbb{R}_+) est nécessairement un intervalle. Comme cet intervalle ne contient ni 0 ni 1, on a trois cas possibles :

• Cas 1 : ∀x∈R+,  f(x)∈]1,+∞[\forall x \in \mathbb{R}_+, \; f(x) \in ]1, +\infty[

• Cas 2 : ∀x∈R+,  f(x)∈]0,1[\forall x \in \mathbb{R}_+, \; f(x) \in ]0, 1[

• Cas 3 : ∀x∈R+,  f(x)∈]−∞,0[\forall x \in \mathbb{R}_+, \; f(x) \in ]-\infty, 0[

2. Étude du Cas 1 : f(x)>1f(x) > 1 sur R+\mathbb{R}_+

Si f(x)>1f(x) > 1, alors 1f(x)>0\frac{1}{f(x)} > 0 et 1f(x)−1>0\frac{1}{f(x)-1} > 0, d'où f′(x)>0f'(x) > 0. La fonction ff est donc strictement croissante sur R+\mathbb{R}_+.

D'après le théorème de la limite monotone, ℓ=lim⁡x→+∞f(x)\ell = \lim_{x \to +\infty} f(x) existe dans ]1,+∞]]1, +\infty].

Supposons par l'absurde que ℓ<+∞\ell < +\infty. En passant à la limite dans la relation différentielle :

lim⁡x→+∞f′(x)=1ℓ+1ℓ−1=a>0\lim_{x \to +\infty} f'(x) = \frac{1}{\ell} + \frac{1}{\ell - 1} = a > 0

Par définition de la limite, il existe x0≥0x_0 \ge 0 tel que pour tout x>x0x > x_0, f′(x)≥a2f'(x) \ge \frac{a}{2}. En intégrant entre x0x_0 et xx :

f(x)≥f(x0)+a2(x−x0)f(x) \ge f(x_0) + \frac{a}{2}(x - x_0)

Par comparaison, lim⁡x→+∞f(x)=+∞\lim_{x \to +\infty} f(x) = +\infty, ce qui contredit ℓ<+∞\ell < +\infty.

Ainsi, dans ce cas : lim⁡x→+∞f(x)=+∞\lim_{x \to +\infty} f(x) = +\infty.

3. Étude du Cas 3 : f(x)<0f(x) < 0 sur R+\mathbb{R}_+

Par un raisonnement parfaitement analogue (avec f′(x)<0f'(x) < 0 et ff strictement décroissante), on obtient :
lim⁡x→+∞f(x)=−∞\lim_{x \to +\infty} f(x) = -\infty.

4. Étude du Cas 2 : f(x)∈]0,1[f(x) \in ]0, 1[ sur R+\mathbb{R}_+

En réécrivant la dérivée sous forme d'un même dénominateur :

f′(x)=1f(x)+1f(x)−1=2f(x)−1f(x)(f(x)−1)=1−2f(x)f(x)(1−f(x))f'(x) = \frac{1}{f(x)} + \frac{1}{f(x) - 1} = \frac{2f(x) - 1}{f(x)(f(x) - 1)} = \frac{1 - 2f(x)}{f(x)(1 - f(x))}

Comme f(x)(1−f(x))>0f(x)(1 - f(x)) > 0 sur ]0,1[]0, 1[, le signe de f′(x)f'(x) est celui de 1−2f(x)1 - 2f(x) :

• Si f(x)>12f(x) > \frac{1}{2}, alors f′(x)<0f'(x) < 0 (ff décroît vers 12\frac{1}{2}).

• Si f(x)<12f(x) < \frac{1}{2}, alors f′(x)>0f'(x) > 0 (ff croît vers 12\frac{1}{2}).

Premier sous-cas : Supposons qu'il existe x0≥0x_0 \ge 0 tel que f(x0)=12f(x_0) = \frac{1}{2}.

Montrons que pour tout x≥x0x \ge x_0, f(x)=12f(x) = \frac{1}{2}. Supposons par l'absurde qu'il existe x1>x0x_1 > x_0 tel que f(x1)≠12f(x_1) \neq \frac{1}{2} (par exemple f(x1)>12f(x_1) > \frac{1}{2}).

1/2x₀x₁

L'idée est que si f(x)=12f(x) = \frac{1}{2} a pu "partir" de f(x)=12f(x) = \frac{1}{2} c'est qu'on a f′>0f' > 0 à un moment entre x0x_0 et x1x_1...

Posons A={t∈[x0,x1]∣f(t)=12}A = \{t \in [x_0, x_1] \mid f(t) = \frac{1}{2}\}. C'est une partie non vide (x0∈Ax_0 \in A) et majorée par x1x_1, elle admet donc une borne supérieure m=sup⁡(A)m = \sup(A). De plus, ff étant continue, AA est fermé donc m∈Am \in A, c'est-à-dire f(m)=12f(m) = \frac{1}{2} avec m<x1m < x_1.

Par définition de mm, pour tout x∈]m,x1]x \in ]m, x_1], f(x)≠12f(x) \neq \frac{1}{2}, donc f(x)>12f(x) > \frac{1}{2}, ce qui implique f′(x)<0f'(x) < 0 sur ]m,x1]]m, x_1].

Cependant, d'après le théorème des accroissements finis appliqué à ff sur [m,x1][m, x_1], il existe c∈]m,x1[c \in ]m, x_1[ tel que :

f′(c)=f(x1)−f(m)x1−m=f(x1)−12x1−m>0f'(c) = \frac{f(x_1) - f(m)}{x_1 - m} = \frac{f(x_1) - \frac{1}{2}}{x_1 - m} > 0

Ceci est contradictoire avec f′(c)<0f'(c) < 0. On en déduit que f(x)=12f(x) = \frac{1}{2} pour tout x≥x0x \ge x_0, et donc lim⁡x→+∞f(x)=12\lim_{x \to +\infty} f(x) = \frac{1}{2}.

Second sous-cas : Supposons que pour tout x≥0x \ge 0, f(x)≠12f(x) \neq \frac{1}{2}.

Par le TVI, ff est soit strictement supérieure à 12\frac{1}{2}, soit strictement inférieure à 12\frac{1}{2} sur tout R+\mathbb{R}_+. Dans les deux cas, le signe de f′f' est constant, donc ff est strictement monotone et bornée sur R+\mathbb{R}_+.

Elle admet donc une limite ℓ∈[0,1]\ell \in [0, 1] en +∞+\infty. Si ℓ∈{0,1}\ell \in \{0, 1\} ou si ℓ≠12\ell \neq \frac{1}{2}, lim⁡x→+∞f′(x)\lim_{x \to +\infty} f'(x) serait une constante non nulle, entraînant une divergence de ff vers ±∞\pm\infty (comme dans le Cas 1), ce qui est absurde car ff est bornée sur ]0,1[]0, 1[.

La seule limite possible est donc ℓ=12\ell = \frac{1}{2}.

Conclusion générale :

• Si f(0)>1f(0) > 1, alors lim⁡x→+∞f(x)=+∞\lim_{x \to +\infty} f(x) = +\infty.

• Si f(0)∈]0,1[f(0) \in ]0, 1[, alors lim⁡x→+∞f(x)=12\lim_{x \to +\infty} f(x) = \frac{1}{2}.

• Si f(0)<0f(0) < 0, alors lim⁡x→+∞f(x)=−∞\lim_{x \to +\infty} f(x) = -\infty.

Exercice 4—Espace vectoriel engendré par les translatées d'une fonction

RMS 2024

Difficulté★★★★☆

Énoncé

Pour une fonction f∈C∞(R,R)f \in C^\infty(\mathbb{R}, \mathbb{R}) et un réel a∈Ra \in \mathbb{R}, on note fa:x↦f(x+a)f_a: x \mapsto f(x+a).

On pose Ff=Vect({fa∣a∈R})F_f = \text{Vect}(\{f_a \mid a \in \mathbb{R}\}).

a) Trouver une fonction ff non nulle telle que FfF_f soit de dimension finie. Préciser cette dimension.

b) Montrer que si FfF_f est de dimension finie, alors Ff′F_{f'} est aussi de dimension finie.

c) Déterminer toutes les fonctions ff telles que dim⁡Ff=1\dim F_f = 1.

d) Déterminer toutes les fonctions ff telles que dim⁡Ff=2\dim F_f = 2.

Indication›

b) Exprimer toute translatée de f′f' comme la dérivée d'une translatée de ff.

c) Pour dim⁡Ff=1\dim F_f = 1, tester 3 approches :

  • Méthode 1 : Établir la non-annulation de ff, puis passer au log de ∣f∣|f|.
  • Méthode 2 : Traiter le scalaire λ(a)\lambda(a) comme une fonction et dériver une relation à deux variables.
  • Méthode 3 : Se ramener à l'équation fonctionnelle de Cauchy f(a+x)=kf(a)f(x)f(a+x) = k f(a) f(x).

d) Exprimer faf_a dans une base (f,g)(f, g), montrer la régularité des coefficients λ(a)\lambda(a) et μ(a)\mu(a), puis dériver pour obtenir une équation différentielle linéaire d'ordre 2.

Corrigé›

Question a)

Considérons la fonction f=cos⁡f = \cos. Pour tout a∈Ra \in \mathbb{R} et tout x∈Rx \in \mathbb{R} :

fa(x)=cos⁡(x+a)=cos⁡(a)cos⁡(x)−sin⁡(a)sin⁡(x)=cos⁡(a)f0(x)−sin⁡(a)fπ/2(x)f_a(x) = \cos(x+a) = \cos(a)\cos(x) - \sin(a)\sin(x) = \cos(a) f_0(x) - \sin(a) f_{\pi/2}(x)

Ainsi, pour tout a∈Ra \in \mathbb{R}, fa∈Vect(f0,fπ/2)f_a \in \text{Vect}(f_0, f_{\pi/2}).

La famille (f0,fπ/2)=(cos⁡,−sin⁡)(f_0, f_{\pi/2}) = (\cos, -\sin) est clairement libre dans C∞(R,R)C^\infty(\mathbb{R}, \mathbb{R}). Par conséquent :

Ff=Vect(f0,fπ/2)etdim⁡Ff=2F_f = \text{Vect}(f_0, f_{\pi/2}) \quad \text{et} \quad \dim F_f = 2

Question b)

Supposons que FfF_f est de dimension finie m+1m+1. Il existe une famille génératrice G=(g0,g1,…,gm)\mathcal{G} = (g_0, g_1, \dots, g_m) de FfF_f.

Pour tout a∈Ra \in \mathbb{R}, la fonction faf_a s'écrit comme combinaison linéaire des éléments de G\mathcal{G} :

fa=∑k=0mλkgkf_a = \sum_{k=0}^m \lambda_k g_k

Par ailleurs, on a par linéarité que tout élément de FfF_f est C∞C^\infty sur R\mathbb{R}.

En dérivant par rapport à xx, on note que (fa)′(x)=f′(x+a)=(f′)a(x)(f_a)'(x) = f'(x+a) = (f')_a(x). Donc :

(f′)a=∑k=0mλkgk′(f')_a = \sum_{k=0}^m \lambda_k g_k'

Si l'on pose G′=(g0′,g1′,…,gm′)\mathcal{G}' = (g_0', g_1', \dots, g_m'), on a pour tout a∈Ra \in \mathbb{R}, (f′)a∈Vect(G′)(f')_a \in \text{Vect}(\mathcal{G}'). Ainsi :

Ff′=Vect({(f′)a∣a∈R})⊂Vect(G′)F_{f'} = \text{Vect}(\{(f')_a \mid a \in \mathbb{R}\}) \subset \text{Vect}(\mathcal{G}')

Comme Vect(G′)\text{Vect}(\mathcal{G}') est de dimension au plus m+1m+1, Ff′F_{f'} est un sous-espace vectoriel de dimension finie.

Question c) Recherche des fonctions telles que dim⁡Ff=1\dim F_f = 1

Comme dim⁡Ff=1\dim F_f = 1, pour tout a∈Ra \in \mathbb{R}, faf_a et ff sont colinéaires. Il existe donc un unique scalaire λ(a)∈R\lambda(a) \in \mathbb{R} tel que fa=λ(a)ff_a = \lambda(a) f.

Méthode 1 : Passage au logarithme

• Non-annulation : S'il existait x0∈Rx_0 \in \mathbb{R} tel que f(x0)=0f(x_0) = 0, alors pour tout a∈Ra \in \mathbb{R}, fa(x0)=f(a+x0)=λ(a)f(x0)=0f_a(x_0) = f(a + x_0) = \lambda(a) f(x_0) = 0. En posant y=a+x0y = a + x_0, cela impliquerait f(y)=0f(y) = 0 pour tout y∈Ry \in \mathbb{R}. Donc f=0f = 0, d'où Ff={0}F_f = \{0\} et dim⁡Ff=0\dim F_f = 0, ce qui est absurde.

Par conséquent, ff ne s'annule jamais sur R\mathbb{R}. Par le théorème des valeurs intermédiaires, ff garde un signe constant.

• Équation différentielle : Pour tout (x,a)∈R2(x,a) \in \mathbb{R}^2, f(x+a)=λ(a)f(x)f(x+a) = \lambda(a) f(x). En passant au logarithme (avec des valeurs absolues):

ln⁡(∣f(x+a)∣)=ln⁡(∣λ(a)∣)+ln⁡(∣f(x)∣)\ln(|f(x+a)|) = \ln(|\lambda(a)|) + \ln(|f(x)|)

En posant h(x)=ln⁡(∣f(x)∣)h(x) = \ln(|f(x)|) et en dérivant par rapport à xx :

h′(x+a)=h′(x)h'(x+a) = h'(x)

Cette égalité étant vraie pour tout a∈Ra \in \mathbb{R}, la fonction h′h' est constante sur R\mathbb{R}. Soit h′(x)=αh'(x) = \alpha avec α∈R\alpha \in \mathbb{R}.

En intégrant, il existe C∈RC \in \mathbb{R} tel que ∀x∈R, h(x)=αx+C\forall x \in \mathbb{R}, \ h(x) = \alpha x + C.
D'où ∀x∈R, ∣f(x)∣=eαx+C\forall x \in \mathbb{R}, \ |f(x)| = \mathrm{e}^{\alpha x + C}.
C'est-à-dire comme f est de signe constant, ∀x∈R, f(x)=μeαx\forall x \in \mathbb{R}, \ f(x) = \mu \mathrm{e}^{\alpha x} avec μ=±eC≠0\mu = \pm \mathrm{e}^C \neq 0.

Méthode 2 : Dérivation bilatérale

On a f(x+a)=λ(a)f(x)f(x+a) = \lambda(a) f(x). Comme ff ne s'annule pas, en fixant un point x0x_0, on a λ(a)=f(a+x0)f(x0)\lambda(a) = \frac{f(a+x_0)}{f(x_0)}, ce qui prouve que λ\lambda est de classe C∞C^\infty sur R\mathbb{R}.

Dérivons l'égalité f(x+a)=λ(a)f(x)f(x+a) = \lambda(a) f(x) :

• Par rapport à xx : f′(x+a)=λ(a)f′(x)f'(x+a) = \lambda(a) f'(x)

• Par rapport à aa : f′(x+a)=λ′(a)f(x)f'(x+a) = \lambda'(a) f(x)

On en déduit : λ(a)f′(x)=λ′(a)f(x)\lambda(a) f'(x) = \lambda'(a) f(x). Pour a=0a = 0, sachant que λ(0)=1\lambda(0) = 1, on obtient :

f′(x)=λ′(0)f(x)f'(x) = \lambda'(0) f(x)

En posant α=λ′(0)\alpha = \lambda'(0), la résolution de cette équation différentielle scalaire linéaire y′−αy=0y' - \alpha y = 0 donne f(x)=μeαxf(x) = \mu \mathrm{e}^{\alpha x} avec μ≠0\mu \neq 0.

Méthode 3 : Équation fonctionnelle de Cauchy

En reprenant f(x+a)=λ(a)f(x)f(x+a) = \lambda(a) f(x), pour x=0x = 0, on a f(a)=λ(a)f(0)f(a) = \lambda(a) f(0). Comme f(0)≠0f(0) \neq 0, on en déduit λ(a)=f(a)f(0)\lambda(a) = \frac{f(a)}{f(0)}. Ainsi :

f(x+a)=1f(0)f(a)f(x)f(x+a) = \frac{1}{f(0)} f(a) f(x)

En posant k=1f(0)k = \frac{1}{f(0)} et g(x)=kf(x)g(x) = k f(x), la fonction gg vérifie l'équation fonctionnelle classique de Cauchy :

g(x+a)=g(x)g(a)g(x+a) = g(x) g(a)

Comme gg est continue (et non nulle), il existe α∈R\alpha \in \mathbb{R} tel que g(x)=eαxg(x) = \mathrm{e}^{\alpha x}, d'où f(x)=μeαxf(x) = \mu \mathrm{e}^{\alpha x} (avec μ=f(0)≠0\mu = f(0) \neq 0).

Synthèse : Réciproquement, si f(x)=μeαxf(x) = \mu \mathrm{e}^{\alpha x} avec μ≠0\mu \neq 0, alors ff est bien de classe C∞C^\infty et pour a∈R,a \in \mathbb{R},
fa(x)=μeα(x+a)=eαaf(x)f_a(x) = \mu \mathrm{e}^{\alpha (x+a)} = \mathrm{e}^{\alpha a} f(x). Ainsi Ff=Vect(f)F_f = \text{Vect}(f) est de dimension 1.

Conclusion : Les solutions sont les fonctions x↦μeαxx \mapsto \mu \mathrm{e}^{\alpha x} avec (μ,α)∈R∗×R(\mu, \alpha) \in \mathbb{R}^* \times \mathbb{R}.

Question d) Recherche des fonctions telles que dim⁡Ff=2\dim F_f = 2

1. Analyse :

Si dim⁡Ff=2\dim F_f = 2, il existe a0∈Ra_0 \in \mathbb{R} tel que la famille (f,fa0)(f, f_{a_0}) soit libre. Posons g=fa0g = f_{a_0}. (f,g)(f, g) constitue une base de FfF_f.

Pour tout a∈Ra \in \mathbb{R}, il existe un unique couple (λ(a),μ(a))∈R2(\lambda(a), \mu(a)) \in \mathbb{R}^2 tel que :

fa=λ(a)f+μ(a)g  ⟹  ∀x∈R,f(x+a)=λ(a)f(x)+μ(a)g(x)f_a = \lambda(a) f + \mu(a) g \implies \forall x \in \mathbb{R}, \quad f(x+a) = \lambda(a) f(x) + \mu(a) g(x)

En évaluant cette relation en deux points bien choisis x1,x2x_1, x_2 tels que f(x1)g(x2)−f(x2)g(x1)≠0f(x_1)g(x_2) - f(x_2)g(x_1) \neq 0 (possible par liberté de (f,g)(f,g)), on exprime λ(a)\lambda(a) et μ(a)\mu(a) comme combinaisons linéaires de f(a+x1)f(a+x_1) et f(a+x2)f(a+x_2). Cela prouve que λ\lambda et μ\mu sont de classe C∞C^\infty sur R\mathbb{R}.

On adapte la méthode 2 vu à la question c), les autres méthodes étaient trop spécifiques.

En dérivant f(x+a)=λ(a)f(x)+μ(a)g(x)f(x+a) = \lambda(a) f(x) + \mu(a) g(x) :

• Par rapport à xx : f′(x+a)=λ(a)f′(x)+μ(a)g′(x)f'(x+a) = \lambda(a) f'(x) + \mu(a) g'(x)

• Par rapport à aa : f′(x+a)=λ′(a)f(x)+μ′(a)g(x)f'(x+a) = \lambda'(a) f(x) + \mu'(a) g(x)

En évaluant en a=0a = 0 (avec λ(0)=1\lambda(0) = 1 et μ(0)=0\mu(0) = 0) :

f′(x)=λ′(0)f(x)+μ′(0)g(x)— (1)f'(x) = \lambda'(0) f(x) + \mu'(0) g(x) \quad \text{--- (1)}

De même, en évaluant en a=a0a = a_0 (où λ(a0)=0\lambda(a_0) = 0 et μ(a0)=1\mu(a_0) = 1) :

g′(x)=f′(x+a0)=λ′(a0)f(x)+μ′(a0)g(x)— (2)g'(x) = f'(x+a_0) = \lambda'(a_0) f(x) + \mu'(a_0) g(x) \quad \text{--- (2)}

Si μ′(0)=0\mu'(0) = 0, alors f′f' serait proportionnel à ff, ce qui redonnerait dim⁡Ff=1\dim F_f = 1 (absurde). Donc μ′(0)≠0\mu'(0) \neq 0.

En dérivant (1)(1) et en y injectant (2)(2) ainsi que l'expression de g(x)g(x) tirée de (1)(1), on montre que ff satisfait une équation différentielle linéaire du second ordre à coefficients constants :

f′′(x)+Af′(x)+Bf(x)=0(A,B∈R)f''(x) + A f'(x) + B f(x) = 0 \quad (A,B \in \mathbb{R})

Selon le signe du discriminant du polynôme caractéristique, les solutions réelles sont de trois formes :

1. Deux racines réelles distinctes α1≠α2\alpha_1 \neq \alpha_2 : f(x)=beα1x+ceα2xf(x) = b \mathrm{e}^{\alpha_1 x} + c \mathrm{e}^{\alpha_2 x} avec b≠0b \neq 0 et c≠0c \neq 0.

2. Une racine double α\alpha : f(x)=(bx+c)eαxf(x) = (bx + c)\mathrm{e}^{\alpha x} avec b≠0b \neq 0.

3. Deux racines complexes conjuguées α±iβ\alpha \pm \mathrm{i}\beta (β≠0\beta \neq 0) : f(x)=beαxcos⁡(βx+φ)f(x) = b \mathrm{e}^{\alpha x} \cos(\beta x + \varphi) avec b≠0b \neq 0 et β≠0\beta \neq 0.

2. Synthèse pour chaque cas :

Déjà, tous les candidats sont C∞C^\infty sur R\mathbb{R}

• Cas 1 : f(x)=beα1x+ceα2xf(x) = b \mathrm{e}^{\alpha_1 x} + c \mathrm{e}^{\alpha_2 x} (bc≠0,α1≠α2bc \neq 0, \alpha_1 \neq \alpha_2).

On a fa(x)=beα1aeα1x+ceα2aeα2xf_a(x) = b \mathrm{e}^{\alpha_1 a} \mathrm{e}^{\alpha_1 x} + c \mathrm{e}^{\alpha_2 a} \mathrm{e}^{\alpha_2 x}. La famille libre (eα1x,eα2x)(\mathrm{e}^{\alpha_1 x}, \mathrm{e}^{\alpha_2 x}) engendre FfF_f, donc dim⁡Ff=2\dim F_f = 2.

• Cas 2 : f(x)=(bx+c)eαxf(x) = (bx + c)\mathrm{e}^{\alpha x} (b≠0b \neq 0).

On a fa(x)=(b(x+a)+c)eα(x+a)=eαaf(x)+abeαaeαxf_a(x) = (b(x+a) + c)\mathrm{e}^{\alpha(x+a)} = \mathrm{e}^{\alpha a} f(x) + a b \mathrm{e}^{\alpha a} \mathrm{e}^{\alpha x}. Ainsi Ff=Vect(x↦xeαx,x↦eαx)F_f = \text{Vect}(x \mapsto x\mathrm{e}^{\alpha x}, x \mapsto \mathrm{e}^{\alpha x}), ces deux fonctions étant libres, dim⁡Ff=2\dim F_f = 2.

• Cas 3 : f(x)=beαxcos⁡(βx+φ)f(x) = b \mathrm{e}^{\alpha x} \cos(\beta x + \varphi) (b≠0,β≠0b \neq 0, \beta \neq 0).

fa(x)=beαaeαx(cos⁡(βx+φ)cos⁡(βa)−sin⁡(βx+φ)sin⁡(βa))f_a(x) = b \mathrm{e}^{\alpha a} \mathrm{e}^{\alpha x} \left( \cos(\beta x + \varphi)\cos(\beta a) - \sin(\beta x + \varphi)\sin(\beta a) \right).

Ff=Vect(x↦eαxcos⁡(βx+φ),x↦eαxsin⁡(βx+φ))F_f = \text{Vect}(x \mapsto \mathrm{e}^{\alpha x}\cos(\beta x + \varphi), x \mapsto \mathrm{e}^{\alpha x}\sin(\beta x + \varphi)) qui est de dimension 2.

Conclusion : Les fonctions telles que dim⁡Ff=2\dim F_f = 2 sont exactement les fonctions de l'une des trois formes ci-dessus.

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